Cours — Introduction aux Sciences de Gestion (S1)

📖 Introduction aux Sciences de Gestion

🧭 INTRODUCTION AUX SCIENCES DE GESTION — Cours Complet (S1)

Licence Fondamentale Sciences Économiques et Gestion — Semestre S1 — Système universitaire marocain (LMD) Module d'ouverture du parcours Gestion : il pose le vocabulaire, les concepts et les auteurs que tu réutiliseras en Management, GRH, Marketing, Contrôle de gestion et Management stratégique jusqu'au S6.

💡 Comment lire ce cours ? Chaque chapitre contient : le cours ➜ un exercice ➜ sa correction détaillée. Les formules sont écrites en LaTeX.


🗺️ PLAN DU COURS

Chapitre Notions clés
1 Qu'est-ce que la gestion ? Gestion, management, sciences de gestion, objet et méthodes
2 L'entreprise : définition, finalités et classifications Approches de l'entreprise, formes juridiques marocaines, TPME
3 L'environnement de l'entreprise Micro/macro-environnement, PESTEL, parties prenantes
4 L'évolution de la pensée managériale Taylor, Fayol, Weber, Mayo, Maslow, McGregor, systémique, contingence
5 Les grandes fonctions de l'entreprise Approvisionnement, production, marketing, GRH, finance, chaîne de valeur
6 Le processus de management et la décision PODC, niveaux de décision, modèle IMC de Simon
7 Les structures organisationnelles Fonctionnelle, divisionnelle, matricielle, configurations de Mintzberg
8 Performance, création de valeur et RSE Efficacité, efficience, productivité, valeur ajoutée, RSE au Maroc
Formulaire final + Conseils examen Synthèse de toutes les formules et définitions

CHAPITRE 1 — QU'EST-CE QUE LA GESTION ?

1.1 Définition

La gestion est l'ensemble des techniques, méthodes et démarches qui permettent de combiner des ressources rares (humaines, financières, matérielles, informationnelles) pour atteindre des objectifs fixés, dans un environnement incertain.

$$\text{Ressources rares} + \text{Décisions} \longrightarrow \text{Objectifs atteints} = \text{Gestion}$$

Trois mots constituent le noyau du module :

Terme Sens précis
Gestion Conduite concrète et quotidienne des ressources de l'organisation
Management Terme anglo-saxon, plus large : diriger, animer, mobiliser des hommes pour atteindre un but commun
Sciences de gestion Discipline académique qui étudie scientifiquement le fonctionnement des organisations

📌 Dans les copies d'examen, « gestion » et « management » sont acceptés comme synonymes, sauf si le sujet demande explicitement de les distinguer : le management insiste alors sur la dimension humaine et stratégique, la gestion sur la dimension technique et opérationnelle.

1.2 L'objet des sciences de gestion : l'organisation

Les sciences de gestion ne portent pas seulement sur l'entreprise privée. Leur objet est l'organisation, définie comme un ensemble de personnes qui coordonnent leurs actions en vue d'un but commun.

Type d'organisation Finalité dominante Exemples marocains
Entreprise privée Profit, pérennité Maroc Telecom, Marjane, une PME de textile à Casablanca
Entreprise publique / établissement public Service public + équilibre financier OCP, ONEE, ONCF, ANAPEC
Association / ONG Utilité sociale, non-lucrative Association de quartier, Fondation Mohammed V
Coopérative Intérêt collectif des membres Coopératives agricoles, coopératives d'argan (loi 112-12)
Administration publique Mission de service public Commune, ministère, université

1.3 Les sciences de gestion : une discipline carrefour

Les sciences de gestion sont pluridisciplinaires : elles empruntent aux autres sciences sociales leurs concepts, puis les appliquent à l'organisation.

Discipline source Apport aux sciences de gestion
Économie Rareté, coûts, marché, rationalité, prise de décision
Droit Statut juridique, contrats, responsabilité, droit du travail
Sociologie Groupes, pouvoir, culture d'entreprise, conflits
Psychologie Motivation, leadership, comportement du consommateur
Mathématiques / Statistiques Modélisation, prévision, aide à la décision

1.4 Les branches des sciences de gestion

Branche Question centrale Module correspondant dans la Licence
Comptabilité & contrôle Comment mesurer et piloter ? Comptabilité Générale (S1-S2), Analytique (S3), Contrôle de gestion (S5)
Finance Comment financer et investir ? Maths financières (S2), Analyse financière (S4)
Marketing Comment vendre et satisfaire le client ? Marketing (S4)
GRH Comment mobiliser les hommes ? GRH (S4)
Stratégie Où aller et comment y aller ? Management stratégique (S6)
Systèmes d'information & logistique Comment circuler l'information et les flux ? Informatique de gestion, Logistique

1.5 Les méthodes des sciences de gestion

La gestion est une science de l'action : elle produit des savoirs destinés à être appliqués. Ses méthodes principales :

  • L'étude de cas — analyse approfondie d'une entreprise réelle (méthode dominante en examen) ;
  • L'enquête par questionnaire — mesure d'attitudes sur un large échantillon ;
  • La modélisation — représentation simplifiée pour simuler des décisions ;
  • La recherche-intervention — le chercheur accompagne le changement dans l'organisation.

📌 Une science normative : contrairement à l'économie qui cherche surtout à expliquer, la gestion cherche aussi à prescrire ce qu'il faut faire. Il n'existe donc pas « une » bonne réponse universelle — d'où la théorie de la contingence (chapitre 4).


✏️ EXERCICE 1

Pour chacune des situations suivantes, indiquez : (a) s'il s'agit d'une organisation, (b) de quel type, (c) quelle est sa finalité dominante.

  1. Un groupe d'amis qui se retrouve chaque vendredi pour jouer au football.
  2. Une coopérative de production d'huile d'argan dans la région de Souss-Massa, regroupant 40 adhérentes.
  3. L'Office Chérifien des Phosphates (OCP).
  4. Un commerçant de quartier (épicerie) qui travaille seul.

Puis, en deux lignes, expliquez pourquoi les sciences de gestion sont qualifiées de science carrefour.

✅ CORRECTION 1

Situation Organisation ? Type Finalité dominante
1. Groupe d'amis / football Non (pas de but commun durable ni de coordination formalisée) Groupe informel Loisir
2. Coopérative d'argan Oui Coopérative (loi 112-12) Intérêt collectif des adhérentes, valorisation du revenu local
3. OCP Oui Entreprise publique (société anonyme à capitaux publics) Rentabilité + mission stratégique nationale
4. Épicier seul Oui, au sens large Entreprise individuelle / auto-entrepreneur Profit et revenu du dirigeant

⚠️ Le cas 1 est le piège classique : une organisation suppose un but commun, une coordination et une certaine permanence. Un simple rassemblement ne suffit pas. Le cas 4 est accepté : même sans salarié, il y a bien combinaison de ressources en vue d'un objectif.

Science carrefour : les sciences de gestion n'ont pas de concepts « purs » à elles ; elles importent ceux de l'économie (rareté, coût), du droit (contrat), de la sociologie (pouvoir) et de la psychologie (motivation), puis les recomposent au service de l'action dans l'organisation.


CHAPITRE 2 — L'ENTREPRISE : DÉFINITION, FINALITÉS ET CLASSIFICATIONS

2.1 Les trois approches de l'entreprise

Approche Définition de l'entreprise Auteur / courant de référence
Économique Unité de production qui combine des facteurs (travail, capital) pour créer des biens et services vendus sur un marché Théorie néoclassique
Sociale Lieu de rapports sociaux, de coopération et de conflits entre groupes aux intérêts divergents Sociologie des organisations (Crozier)
Systémique Système ouvert composé de sous-systèmes en interaction, en échange permanent avec son environnement Von Bertalanffy, J. Mélèse

L'approche systémique est la plus utilisée en introduction à la gestion :

$$\text{Entrées (inputs)} \longrightarrow \text{Transformation} \longrightarrow \text{Sorties (outputs)} \longrightarrow \text{Rétroaction (feedback)}$$

Sous-système Rôle
Opérant Exécute : produit, vend, livre
De pilotage (décision) Décide, fixe les objectifs, contrôle
D'information Relie les deux : collecte, traite, diffuse l'information

2.2 Finalités et objectifs

Il faut absolument distinguer les deux notions :

Notion Caractéristiques Exemple
Finalité (mission, but) Durable, qualitative, non chiffrée, raison d'être « Devenir la référence du bio au Maroc »
Objectif Daté, chiffré, mesurable, décliné en actions « Augmenter le CA de 12 % en 2026 »

Les finalités classiques d'une entreprise, selon P. Drucker, dépassent le seul profit :

  • Finalité économique : produire, créer de la valeur, réaliser un profit et survivre (la pérennité prime sur le profit immédiat) ;
  • Finalité sociale : créer et maintenir des emplois, former, assurer la sécurité des salariés ;
  • Finalité sociétale : contribuer au développement du territoire, respecter l'environnement (→ RSE, chapitre 8).

📌 La formulation d'objectifs se fait avec la règle SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini.

2.3 Classification selon l'activité

Secteur Contenu Exemples au Maroc
Primaire Extraction de ressources naturelles Agriculture, pêche, mines de phosphate
Secondaire Transformation industrielle Automobile (Kénitra, Tanger), textile, agroalimentaire
Tertiaire Services Banques, tourisme, télécoms, distribution, offshoring

On distingue aussi branche (entreprises fabriquant le même produit) et secteur (entreprises ayant la même activité principale), ainsi que la filière (ensemble des étapes, de la matière première au produit fini).

2.4 Classification selon la taille

Au Maroc, la classification des TPME est fixée par la Charte de la PME et reprise par les dispositifs de financement (notamment Tamwilcom) :

Catégorie Critère usuel de chiffre d'affaires annuel
Très petite entreprise (TPE) Jusqu'à 3 millions de dirhams
Petite entreprise De 3 à 10 millions de dirhams
Moyenne entreprise De 10 à 175 millions de dirhams
Grande entreprise Au-delà

⚠️ Ces seuils ont évolué selon les textes et les dispositifs ; en examen, retiens la logique (effectif + chiffre d'affaires) et précise que les seuils varient selon l'organisme. Le tissu économique marocain est composé à plus de 90 % de TPME.

2.5 Classification juridique (droit marocain)

Forme Capital minimum Responsabilité des associés Texte de référence
Entreprise individuelle Aucun Illimitée sur le patrimoine personnel
Auto-entrepreneur Aucun Limitée au régime, plafond de CA Loi 114-13
SNC (société en nom collectif) Libre Solidaire et indéfinie Loi 5-96
SARL Libre (1 DH possible depuis 2011) Limitée aux apports Loi 5-96
SARL d'associé unique (SARL AU) Libre Limitée aux apports Loi 5-96
SA (société anonyme) 300 000 DH (3 000 000 DH si appel public à l'épargne) Limitée aux apports Loi 17-95
Coopérative Variable Limitée Loi 112-12

📌 La SARL est la forme la plus répandue au Maroc : capital libre, responsabilité limitée, fonctionnement souple. La SA s'impose pour les grandes structures et l'accès à la Bourse de Casablanca. Tu approfondiras tout cela en Droit des sociétés (S3).


✏️ EXERCICE 2

Deux amis, Salma et Youssef, veulent créer à Casablanca une société de conception d'applications mobiles. Ils disposent ensemble de 60 000 DH. Ils veulent protéger leur patrimoine personnel et prévoient d'embaucher 4 personnes la première année, pour un chiffre d'affaires prévisionnel de 1,8 million de dirhams.

Travail à faire :

  1. Quelle forme juridique leur conseillez-vous ? Justifiez par deux arguments.
  2. Pourquoi la SA est-elle écartée ?
  3. À quel secteur d'activité et à quelle catégorie de taille appartient cette future entreprise ?
  4. Distinguez, dans les deux phrases suivantes, la finalité et l'objectif : « Nous voulons devenir la référence marocaine de l'application de livraison. » / « Nous visons 20 000 téléchargements avant décembre 2026. »

✅ CORRECTION 2

1) Forme conseillée : la SARL.

  • Argument 1 : la responsabilité est limitée aux apports, ce qui protège leur patrimoine personnel — c'est leur exigence explicite.
  • Argument 2 : le capital est libre, donc les 60 000 DH suffisent largement, et le fonctionnement (gérance, absence de commissaire aux comptes en dessous des seuils) reste souple pour deux associés.

2) Pourquoi pas la SA ? Elle exige un capital minimum de 300 000 DH, dont ils ne disposent pas, impose un conseil d'administration (au moins 3 actionnaires pour la forme classique) et un formalisme lourd, disproportionné pour une start-up de deux associés.

3) Secteur et taille :

  • Secteur tertiaire (services informatiques).
  • Avec un CA prévisionnel de 1,8 MDH, elle relève de la très petite entreprise (TPE), au sein de la catégorie TPME.

4) Finalité vs objectif :

  • « Devenir la référence marocaine… » → finalité : durable, qualitative, non chiffrée, elle exprime la raison d'être.
  • « 20 000 téléchargements avant décembre 2026 » → objectif : chiffré, daté, mesurable (il respecte les critères SMART).

CHAPITRE 3 — L'ENVIRONNEMENT DE L'ENTREPRISE

3.1 Définition et niveaux

L'environnement regroupe l'ensemble des éléments extérieurs à l'entreprise susceptibles d'influencer son activité, et sur lesquels elle n'a qu'un pouvoir limité.

Niveau Contenu Maîtrise par l'entreprise
Micro-environnement Clients, fournisseurs, concurrents, banques, distributeurs Influence possible (négociation)
Macro-environnement Démographie, économie, politique, droit, technologie, culture, écologie Quasi nulle : il faut s'adapter

3.2 L'analyse PESTEL (macro-environnement)

Dimension Contenu Illustration marocaine
Politique Stabilité, politiques publiques, accords Plans sectoriels (Génération Green, Maroc Digital)
Économique Croissance, inflation, taux de change, pouvoir d'achat Taux directeur de Bank Al-Maghrib, campagne agricole
Socioculturel Démographie, modes de vie, urbanisation Jeunesse de la population, essor de la consommation urbaine
Technologique Innovation, digitalisation, R&D Paiement mobile, e-commerce, IA
Écologique Climat, ressources, normes environnementales Stress hydrique, énergies renouvelables (Noor)
Légal Droit du travail, fiscalité, normes Code du travail (loi 65-99), CGI, loi 31-08 sur la consommation

3.3 Les parties prenantes (stakeholders)

Une partie prenante est tout acteur qui influence l'entreprise ou est influencé par elle.

Parties prenantes internes Attentes
Actionnaires / associés Dividendes, valorisation
Dirigeants Pouvoir, croissance, pérennité
Salariés Salaire, sécurité, conditions de travail, carrière
Parties prenantes externes Attentes
Clients Qualité, prix, service
Fournisseurs Commandes régulières, paiement dans les délais
Banques Solvabilité, remboursement
État / collectivités Impôts, emploi, respect de la réglementation
Société civile, riverains Respect de l'environnement, éthique

📌 La gouvernance d'entreprise consiste précisément à arbitrer entre ces attentes contradictoires — thème qui reviendra en Management stratégique et en Droit des sociétés.

3.4 Les relations entreprise–environnement

L'entreprise subit son environnement (contraintes) mais elle l'influence aussi (création d'emplois, innovation, lobbying, pollution). On parle de relations d'interdépendance.

Type d'environnement Caractéristique Réponse organisationnelle adaptée
Stable Peu de changements, prévisible Structure mécaniste, procédures écrites
Turbulent / instable Changements rapides, incertitude forte Structure organique, souplesse, veille

📌 Cette idée — « à chaque environnement sa structure » — est le cœur de la théorie de la contingence (Burns & Stalker, Lawrence & Lorsch), vue au chapitre 4.


✏️ EXERCICE 3

Une entreprise marocaine de transformation agroalimentaire (jus de fruits) constate simultanément : (a) une sécheresse qui réduit la récolte d'agrumes et fait monter le prix de la matière première ; (b) l'arrivée d'un concurrent européen sur le marché national ; (c) une nouvelle réglementation sur l'étiquetage nutritionnel ; (d) une forte demande des jeunes urbains pour les boissons sans sucre ajouté ; (e) une hausse du taux directeur de Bank Al-Maghrib qui renchérit son crédit d'investissement.

Travail à faire :

  1. Classez chaque élément : micro ou macro-environnement.
  2. Rattachez chaque élément macro à sa dimension PESTEL.
  3. Citez deux parties prenantes concernées par l'élément (c) et leurs attentes.

✅ CORRECTION 3

Élément Niveau Dimension PESTEL
(a) Sécheresse, hausse du prix des agrumes Macro (et micro pour la relation fournisseurs) Écologique (+ Économique)
(b) Nouveau concurrent européen Micro — (relève du jeu concurrentiel)
(c) Réglementation sur l'étiquetage Macro Légal
(d) Demande de boissons sans sucre Macro Socioculturel
(e) Hausse du taux directeur Macro Économique

3) Parties prenantes concernées par la nouvelle réglementation (c) :

  • Les clients/consommateurs : ils attendent une information fiable et lisible sur la composition du produit (santé, transparence) ;
  • L'État et les organismes de contrôle (ONSSA) : ils attendent la conformité de l'entreprise à la norme, sous peine de sanction. On peut ajouter les salariés du service qualité, dont la charge de travail augmente, et les fournisseurs d'emballages, qui devront refaire les packagings.

CHAPITRE 4 — L'ÉVOLUTION DE LA PENSÉE MANAGÉRIALE

4.1 L'école classique (fin XIXᵉ – 1930)

Postulat commun : il existe une seule bonne façon d'organiser le travail (the one best way), et l'homme est motivé principalement par l'argent.

Auteur Apport principal Concepts à retenir
F. W. Taylor (1856-1915) OST — Organisation Scientifique du Travail Division verticale (conception/exécution) et horizontale (parcellisation) du travail, chronométrage, salaire au rendement
H. Fayol (1841-1925) Administration industrielle et générale Les 5 fonctions du manager : prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler (POCCC) ; 14 principes dont l'unité de commandement
M. Weber (1864-1920) La bureaucratie rationnelle-légale Règles impersonnelles, hiérarchie, compétence ; 3 types d'autorité : charismatique, traditionnelle, rationnelle-légale
H. Ford (1863-1947) Le fordisme Travail à la chaîne, standardisation, five dollars a day

Limites : déshumanisation, monotonie, absentéisme, turnover, conflits sociaux, aucune prise en compte de l'environnement.

4.2 L'école des relations humaines (1930-1960)

Postulat : l'homme n'est pas seulement un « homo economicus » ; il est motivé par la reconnaissance, le groupe et le sens de son travail.

Auteur Apport À retenir
E. Mayo Expériences de Hawthorne (Western Electric, 1927-1932) L'attention portée aux salariés augmente la productivité — « effet Hawthorne » ; le groupe informel compte
A. Maslow Pyramide des besoins Physiologiques → Sécurité → Appartenance → Estime → Accomplissement ; un besoin satisfait ne motive plus
F. Herzberg Théorie bifactorielle Facteurs d'hygiène (salaire, conditions) évitent l'insatisfaction ; facteurs moteurs (responsabilité, reconnaissance) motivent réellement → enrichissement des tâches
D. McGregor Théories X et Y X : l'homme fuit le travail → contrôle ; Y : l'homme peut s'impliquer → autonomie et délégation
K. Lewin Styles de leadership Autoritaire, démocratique (le plus efficace), laisser-faire
R. Likert 4 systèmes de management Autoritaire exploiteur, autoritaire paternaliste, consultatif, participatif de groupe

4.3 Les approches modernes

Approche Idée centrale Auteurs
Systémique L'organisation est un système ouvert de sous-systèmes interdépendants Von Bertalanffy, Mélèse
Décisionnelle La rationalité du décideur est limitée ; il cherche une solution satisfaisante, non optimale H. Simon (rationalité limitée), March & Cyert
Sociotechnique Il faut optimiser conjointement le technique et le social École de Tavistock
Contingence Il n'existe pas de structure idéale : elle dépend de la taille, de la technologie et de l'environnement Burns & Stalker, Woodward, Lawrence & Lorsch, Mintzberg
Théorie de l'agence Conflit d'intérêts entre le principal (actionnaire) et l'agent (dirigeant) → coûts d'agence Jensen & Meckling
Coûts de transaction L'entreprise existe parce qu'elle coordonne moins cher que le marché → faire ou faire-faire R. Coase, O. Williamson

📌 Toute la logique de l'histoire du management tient en une phrase : on passe du « one best way » universel (Taylor) au « ça dépend » contingent (Mintzberg).


✏️ EXERCICE 4

Une usine de confection à Fès applique les méthodes suivantes : chaque ouvrière réalise une seule opération de couture, chronométrée ; le salaire comporte une prime au nombre de pièces ; les décisions sont prises par le bureau des méthodes ; l'encadrement constate depuis six mois un absentéisme de 14 % et une rotation élevée du personnel.

Travail à faire :

  1. Identifiez l'école de pensée à laquelle se rattachent ces méthodes et nommez les deux formes de division du travail appliquées.
  2. Expliquez les symptômes observés avec les apports de l'école des relations humaines.
  3. Proposez trois actions correctives en les rattachant chacune à un auteur.

✅ CORRECTION 4

1) École classique — taylorisme (OST). On y retrouve :

  • la division horizontale du travail : la tâche est parcellisée en une seule opération de couture répétitive ;
  • la division verticale : le bureau des méthodes conçoit, l'ouvrière exécute. Le salaire au rendement est également un marqueur direct du taylorisme.

2) Lecture par les relations humaines. L'absentéisme et le turnover s'expliquent parce que le modèle ne satisfait que les besoins de bas de pyramide (physiologiques, sécurité via le salaire) et ignore l'appartenance, l'estime et l'accomplissement (Maslow). Selon Herzberg, la prime au rendement est un simple facteur d'hygiène : elle peut éviter l'insatisfaction, mais elle ne motive pas. Enfin, Mayo montre que l'absence de reconnaissance et la négation du groupe informel dégradent l'implication.

3) Trois actions correctives :

Action Auteur / fondement
Élargir et enrichir les tâches (l'ouvrière réalise plusieurs opérations et contrôle sa qualité) Herzberg — facteurs moteurs, responsabilité
Mettre en place des équipes semi-autonomes avec un chef d'équipe consulté sur l'organisation Likert (système participatif) / école sociotechnique
Instaurer une reconnaissance non financière : affichage des résultats, entretiens réguliers, écoute de l'encadrement Mayo — effet Hawthorne, attention portée aux salariés

CHAPITRE 5 — LES GRANDES FONCTIONS DE L'ENTREPRISE

5.1 La classification de Fayol

Fayol distingue six fonctions, dont la dernière est la plus importante à ses yeux :

Fonction Contenu
Technique Production, transformation
Commerciale Achats, ventes, échanges
Financière Recherche et gestion des capitaux
Sécurité Protection des biens et des personnes
Comptable Inventaire, bilan, statistiques, prix de revient
Administrative POCCC — c'est la fonction de management

5.2 Les fonctions dans l'entreprise contemporaine

Fonction Mission Indicateur de pilotage typique
Approvisionnement / Achats Acheter au bon prix, au bon moment, à la bonne qualité Délai de livraison, taux de rupture, coût d'achat
Production Transformer les inputs en produits/services Taux de rebut, productivité, taux d'utilisation des capacités
Logistique Gérer les flux physiques et les stocks Taux de service, rotation des stocks
Marketing & vente Connaître et satisfaire le marché Part de marché, taux de conversion, satisfaction client
GRH Recruter, former, rémunérer, motiver Turnover, absentéisme, masse salariale
Finance & comptabilité Financer, investir, mesurer la performance Rentabilité, trésorerie, endettement
Systèmes d'information Fournir la bonne information au bon moment Disponibilité du SI, sécurité des données
R&D / qualité Innover, garantir la conformité Nombre de nouveaux produits, taux de non-conformité

5.3 La chaîne de valeur de Porter

M. Porter propose de décomposer l'entreprise en activités créatrices de valeur, pour repérer où naît l'avantage concurrentiel.

Activités principales Activités de soutien
Logistique interne Infrastructure de la firme (direction, finance)
Production Gestion des ressources humaines
Logistique externe Développement technologique (R&D)
Commercialisation et vente Approvisionnements
Services (après-vente)

$$\text{Marge} = \text{Valeur perçue par le client} - \text{Coût total des activités}$$

5.4 Les flux dans l'entreprise

Flux Nature Exemple
Flux physiques Matières, marchandises Livraison de matières premières
Flux financiers Encaissements, décaissements Règlement d'un client
Flux d'information Documents, données Bon de commande, facture, tableau de bord

📌 Ces trois flux sont exactement ceux que tu vas comptabiliser en Comptabilité générale 1 : une facture d'achat est à la fois un flux physique (entrée de marchandises) et un flux financier (dette envers le fournisseur).


✏️ EXERCICE 5

La société « MedFruit », PME marocaine d'exportation d'agrumes, veut gagner en compétitivité. Le directeur vous communique les éléments suivants :

  • le taux de rupture de ses emballages est de 9 % ;
  • 12 % des fruits sont refusés à l'arrivée en Europe pour un défaut de calibrage ;
  • le délai moyen entre la commande client et l'expédition est de 11 jours contre 6 chez le concurrent ;
  • les vendeurs ne disposent d'aucune information sur les stocks disponibles au moment de la prise de commande.

Travail à faire :

  1. Rattachez chaque problème à la fonction concernée.
  2. Positionnez les problèmes 2 et 3 dans la chaîne de valeur de Porter (activité principale ou de soutien ?).
  3. Proposez un indicateur de pilotage pour chacun des quatre problèmes.

✅ CORRECTION 5

Problème Fonction concernée Indicateur de pilotage
1. Rupture d'emballages (9 %) Approvisionnement / Achats Taux de rupture, stock de sécurité, délai fournisseur
2. Défaut de calibrage (12 %) Production / Qualité Taux de non-conformité, taux de rebut
3. Délai de 11 jours Logistique (externe) Délai moyen de traitement de commande, taux de service
4. Absence d'information sur les stocks Système d'information Taux de disponibilité et de fiabilité des données de stock

2) Dans la chaîne de valeur :

  • Le problème 2 (calibrage) relève de la production, une activité principale ;
  • Le problème 3 (délai d'expédition) relève de la logistique externe, également une activité principale. Le problème 4, en revanche, relève du développement technologique / infrastructure, donc d'une activité de soutien — ce qui ne le rend pas secondaire : une activité de soutien défaillante dégrade toute la chaîne, ici la prise de commande et donc les ventes.

CHAPITRE 6 — LE PROCESSUS DE MANAGEMENT ET LA DÉCISION

6.1 Le cycle PODC

Le management est un processus cyclique en quatre temps, formalisation moderne du POCCC de Fayol :

Étape Question Outils
P — Planifier Où va-t-on et comment ? Diagnostic, objectifs SMART, budget, planning
O — Organiser Qui fait quoi, avec quels moyens ? Organigramme, fiches de poste, délégation
D — Diriger (animer) Comment mobiliser les hommes ? Leadership, communication, motivation
C — Contrôler A-t-on atteint l'objectif ? Tableau de bord, écarts, actions correctives

$$\text{Écart} = \text{Réalisation} - \text{Prévision}$$

Le contrôle reboucle sur la planification : c'est la rétroaction (feedback), cœur de l'approche systémique. C'est aussi le principe de la roue de Deming (PDCA) : Plan, Do, Check, Act.

6.2 Les niveaux de décision (I. Ansoff)

Niveau Horizon Portée Exemple
Stratégique Long terme (3-5 ans) Engage toute l'entreprise, difficilement réversible Ouvrir une filiale en Afrique de l'Ouest
Tactique (de gestion) Moyen terme (1-3 ans) Allocation des ressources Recruter 10 commerciaux, lancer une gamme
Opérationnel Court terme (jour, semaine) Exécution courante, réversible Passer une commande, établir un planning d'équipe

6.3 Le processus de décision : le modèle IMC de H. Simon

Étape Contenu
Intelligence Identifier et formuler le problème, collecter l'information
Modélisation (design) Concevoir et évaluer les solutions possibles
Choix Sélectionner la solution retenue, puis la mettre en œuvre et la contrôler

La rationalité limitée (H. Simon) : le décideur ne dispose ni de toute l'information, ni de tout le temps, ni d'une capacité de calcul illimitée. Il ne choisit donc pas la solution optimale mais la première solution satisfaisante — principe de satisficing.

6.4 Les critères de classement d'une décision

Critère Modalités
Degré de certitude Décision en avenir certain, aléatoire (probabilisable) ou incertain
Fréquence Programmable / répétitive (commande de réapprovisionnement) vs non programmable / unique (fusion)
Degré de participation Décision individuelle vs collégiale

✏️ EXERCICE 6

Le dirigeant d'une chaîne de 6 magasins de prêt-à-porter à Marrakech prend, au cours du même trimestre, les décisions suivantes : (a) ouvrir 3 nouveaux magasins à Agadir et Essaouira dans les 4 ans ; (b) recruter un responsable régional et fixer le budget de communication de l'année ; (c) établir le planning des vendeurs pour la semaine prochaine ; (d) après avoir constaté que la marge du magasin de Guéliz est inférieure de 6 points à l'objectif, décider de changer la gamme exposée en vitrine.

Travail à faire :

  1. Classez (a), (b), (c) selon les niveaux de décision d'Ansoff.
  2. La décision (d) relève de quelle étape du cycle PODC ? Expliquez le mécanisme.
  3. Appliquez le modèle IMC de Simon à la décision (a) en détaillant les trois étapes.

✅ CORRECTION 6

1) Niveaux de décision :

Décision Niveau Justification
(a) Ouvrir 3 magasins sur 4 ans Stratégique Long terme, engage des ressources lourdes, difficilement réversible
(b) Recruter un responsable régional, fixer le budget Tactique / de gestion Moyen terme, allocation de ressources dans le cadre d'une stratégie déjà décidée
(c) Planning hebdomadaire des vendeurs Opérationnel Court terme, répétitif, facilement réversible

2) La décision (d) relève du CONTRÔLE, puis de la reprise du cycle. Le mécanisme est celui de la rétroaction : on compare la réalisation à la prévision, on mesure un écart défavorable de 6 points de marge, on en recherche la cause, puis on déclenche une action corrective (changement de gamme en vitrine). Cette action relève ensuite de l'organisation et de la direction, et sera à son tour contrôlée : le cycle PODC est bouclé, pas linéaire.

3) Modèle IMC appliqué à l'ouverture de 3 magasins :

  • Intelligence : constat d'un marché saturé à Marrakech, repérage du potentiel d'Agadir et Essaouira ; collecte d'informations (zones de chalandage, loyers, concurrence, pouvoir d'achat local).
  • Modélisation : construction des scénarios — ouvrir 3 magasins en propre / franchiser / ouvrir 1 magasin test puis étendre ; chiffrage de l'investissement, du CA prévisionnel et du point mort de chacun.
  • Choix : sélection du scénario au meilleur couple rentabilité/risque, mise en œuvre planifiée sur 4 ans, puis contrôle annuel des écarts. ⚠️ Ne pas oublier de mentionner la rationalité limitée : le dirigeant ne pourra pas explorer tous les scénarios possibles ; il s'arrêtera au premier jugé satisfaisant.

CHAPITRE 7 — LES STRUCTURES ORGANISATIONNELLES

7.1 Définition

La structure est la manière dont les tâches sont réparties, les pouvoirs distribués et les activités coordonnées dans l'organisation. Elle est représentée par l'organigramme.

Deux paramètres fondamentaux :

Paramètre Question
Différenciation Comment découper le travail (par fonction ? par produit ? par zone ?)
Intégration / coordination Comment recoller les morceaux (hiérarchie, procédures, réunions, SI)

7.2 Les principales configurations

Structure Principe Avantages Inconvénients
Hiérarchique (Fayol) Unité de commandement : un subordonné, un seul chef Simple, discipline claire Rigidité, lenteur, cloisonnement
Fonctionnelle (Taylor) Pluralité de commandement par spécialité Compétence technique Risque de conflits d'autorité
Hiérarchico-fonctionnelle (staff and line) Ligne hiérarchique + états-majors conseils Concilie autorité et expertise Tensions entre staff et line
Divisionnelle Découpage par produit, marché ou zone géographique Réactivité, responsabilisation Doublons, coûts, concurrence interne
Matricielle Double rattachement : fonction × projet Souplesse, adaptée aux projets Double commandement, conflits d'arbitrage

7.3 Les 5 configurations de Mintzberg

Mintzberg décrit l'organisation en cinq composantes : sommet stratégique, ligne hiérarchique, centre opérationnel, technostructure, fonctions de support. Selon la composante dominante et le mode de coordination, il distingue :

Configuration Mécanisme de coordination dominant Exemple typique
Structure simple (entrepreneuriale) Supervision directe PME, start-up, commerce familial
Bureaucratie mécaniste Standardisation des procédés Administration, grande usine
Bureaucratie professionnelle Standardisation des qualifications Université, hôpital, cabinet d'expertise comptable
Structure divisionnalisée Standardisation des résultats Groupe multi-activités (OCP, holdings)
Adhocratie Ajustement mutuel Agence de communication, société d'ingénierie, R&D

7.4 Les déterminants de la structure (contingence)

Facteur Effet sur la structure Auteur
Taille Plus l'effectif croît, plus la structure se formalise Aston Group
Technologie Production unitaire → souple ; production de masse → mécaniste J. Woodward
Environnement Stable → mécaniste ; instable → organique Burns & Stalker
Stratégie « Structure follows strategy » A. Chandler
Âge Plus l'organisation vieillit, plus elle se bureaucratise Mintzberg

✏️ EXERCICE 7

Trois organisations marocaines : A. Une agence de publicité de 25 salariés à Casablanca, qui travaille par projets réunissant à chaque fois un directeur artistique, un rédacteur et un chef de projet. B. Un groupe industriel organisé en trois divisions autonomes (Mines, Chimie, Logistique), chaque division disposant de sa direction financière et commerciale. C. Une faculté publique où chaque enseignant-chercheur organise son cours de façon autonome, sur la base d'un diplôme et de qualifications homogènes.

Travail à faire :

  1. Identifiez la configuration de Mintzberg de chacune et le mécanisme de coordination dominant.
  2. Pour B, citez un avantage et un inconvénient de la structure retenue.
  3. Quel facteur de contingence explique le mieux le choix de A ? Justifiez.

✅ CORRECTION 7

1) Identification :

Cas Configuration Coordination dominante
A. Agence de publicité par projets Adhocratie Ajustement mutuel (communication informelle entre experts)
B. Groupe à trois divisions autonomes Structure divisionnalisée Standardisation des résultats (chaque division est jugée sur sa performance)
C. Faculté publique Bureaucratie professionnelle Standardisation des qualifications (le diplôme garantit le comportement attendu)

2) Structure divisionnelle (cas B) :

  • Avantage : chaque division est responsabilisée sur son propre résultat, ce qui donne réactivité et lisibilité de la performance (on sait quelle activité gagne ou perd de l'argent).
  • Inconvénient : duplication des fonctions support (trois directions financières, trois directions commerciales) → surcoût, et risque de concurrence interne entre divisions.

3) Facteur de contingence pour A : l'environnement. Le secteur de la publicité est instable et créatif : chaque campagne est unique, les délais sont courts, la demande imprévisible. Selon Burns & Stalker, un environnement turbulent appelle une structure organique (souple, peu formalisée) — ce que l'adhocratie par projets réalise. On peut ajouter la taille réduite (25 salariés), qui rend inutile une forte formalisation.


CHAPITRE 8 — PERFORMANCE, CRÉATION DE VALEUR ET RSE

8.1 Efficacité, efficience et performance

Notion Définition Formule
Efficacité Atteindre l'objectif fixé $\text{Efficacité} = \dfrac{\text{Résultat obtenu}}{\text{Objectif visé}}$
Efficience Atteindre l'objectif au moindre coût $\text{Efficience} = \dfrac{\text{Résultat obtenu}}{\text{Moyens consommés}}$
Performance Être à la fois efficace et efficient Efficacité ∧ Efficience

📌 Une entreprise peut être efficace sans être efficiente : elle atteint son objectif, mais en gaspillant des ressources. C'est la distinction la plus demandée en examen sur ce chapitre.

8.2 La productivité

$$\text{Productivité} = \frac{\text{Production obtenue}}{\text{Facteur utilisé}}$$

$$\text{Productivité du travail} = \frac{\text{Production (ou VA)}}{\text{Effectif}} \quad ; \quad \text{Productivité horaire} = \frac{\text{Production}}{\text{Nombre d'heures travaillées}}$$

8.3 La valeur ajoutée et sa répartition

$$\boxed{\text{Valeur Ajoutée} = \text{Production de l'exercice} - \text{Consommations intermédiaires}}$$

La VA mesure la richesse réellement créée par l'entreprise. Elle se répartit entre les parties prenantes :

Bénéficiaire Part de la VA
Salariés Charges de personnel
État Impôts et taxes
Prêteurs Charges d'intérêts
Entreprise elle-même Autofinancement (amortissements, réserves)
Associés Dividendes

8.4 Les dimensions de la performance

Dimension Indicateurs
Économique / financière CA, VA, résultat, rentabilité, trésorerie
Commerciale Part de marché, satisfaction, fidélité
Sociale Turnover, absentéisme, climat social, formation
Organisationnelle Délais, qualité, flexibilité
Sociétale / environnementale Empreinte carbone, consommation d'eau, actions locales

Le tableau de bord prospectif (Balanced Scorecard, Kaplan & Norton) articule quatre axes : financier, client, processus internes, apprentissage organisationnel.

8.5 La RSE au Maroc

La Responsabilité Sociétale des Entreprises est l'intégration volontaire des préoccupations sociales et environnementales dans l'activité et les relations avec les parties prenantes (norme ISO 26000).

Pilier Contenu
Économique Pérennité, éthique des affaires, paiement des fournisseurs
Social Conditions de travail, égalité, formation, dialogue social
Environnemental Énergie, eau, déchets, émissions

Au Maroc, la RSE est structurée notamment par le Label RSE de la CGEM, la Charte nationale de l'environnement et du développement durable et la Stratégie nationale de développement durable, dans un contexte de forte contrainte hydrique et de montée des énergies renouvelables.


✏️ EXERCICE 8

Une PME de menuiserie industrielle à Tanger vous communique les données de l'exercice :

Élément Montant (DH)
Objectif de chiffre d'affaires 6 000 000
Chiffre d'affaires réalisé 5 700 000
Production de l'exercice 5 800 000
Consommations intermédiaires (matières, énergie, services extérieurs) 3 190 000
Charges de personnel 1 566 000
Effectif 30 salariés

Travail à faire :

  1. Calculez le taux d'efficacité commerciale et commentez.
  2. Calculez la valeur ajoutée, puis la productivité du travail par salarié.
  3. Calculez la part des salariés dans la valeur ajoutée.
  4. L'entreprise est-elle performante ? Répondez en distinguant efficacité et efficience.

✅ CORRECTION 8

1) Efficacité commerciale : $$\text{Efficacité} = \frac{5\,700\,000}{6\,000\,000} = 0{,}95 = \mathbf{95\ \%}$$ L'objectif est atteint à 95 % : l'entreprise est presque efficace, avec un écart défavorable de 300 000 DH (soit −5 %). L'écart reste modéré et peut relever de la conjoncture ; il justifie néanmoins une analyse des causes (prix ? volume ? un client perdu ?).

2) Valeur ajoutée et productivité : $$VA = 5\,800\,000 - 3\,190\,000 = \mathbf{2\,610\,000\ DH}$$ $$\text{Productivité du travail} = \frac{2\,610\,000}{30} = \mathbf{87\,000\ DH / salarié}$$ Chaque salarié crée en moyenne 87 000 DH de richesse sur l'exercice.

3) Part des salariés dans la VA : $$\frac{1\,566\,000}{2\,610\,000} = 0{,}60 = \mathbf{60\ \%}$$ 60 % de la richesse créée rémunère le travail — niveau courant dans l'industrie de main-d'œuvre. Les 40 % restants se partagent entre État, prêteurs, autofinancement et associés.

4) Performance :

  • Efficacité : 95 % de l'objectif → quasiment atteinte, mais pas totalement.
  • Efficience : la VA représente 45 % de la production ($2\,610\,000 / 5\,800\,000$) et chaque salarié génère 87 000 DH ; pour conclure fermement, il faudrait comparer ces ratios à ceux du secteur ou aux exercices précédents. Conclusion : l'entreprise est efficace mais on ne peut pas affirmer qu'elle est performante sans référentiel de comparaison. ⚠️ C'est le réflexe attendu en examen : un ratio isolé ne dit rien ; il se juge dans le temps (évolution) et dans l'espace (concurrents, secteur).

🧾 FORMULAIRE FINAL — CE QUI TOMBE LE PLUS

Performance

$$\text{Efficacité} = \frac{\text{Résultat}}{\text{Objectif}} \qquad \text{Efficience} = \frac{\text{Résultat}}{\text{Moyens}}$$

$$\text{Productivité du travail} = \frac{\text{Production ou VA}}{\text{Effectif}}$$

$$\text{Valeur Ajoutée} = \text{Production} - \text{Consommations intermédiaires}$$

$$\text{Taux de VA} = \frac{VA}{\text{Production}} \qquad \text{Partage de la VA} = \frac{\text{Charges de personnel}}{VA}$$

$$\text{Écart} = \text{Réalisation} - \text{Prévision}$$

Les sigles à connaître par cœur

Sigle Signification
PODC Planifier, Organiser, Diriger, Contrôler
POCCC Prévoir, Organiser, Commander, Coordonner, Contrôler (Fayol)
OST Organisation Scientifique du Travail (Taylor)
PESTEL Politique, Économique, Socioculturel, Technologique, Écologique, Légal
SMART Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel
IMC Intelligence, Modélisation, Choix (Simon)
PDCA Plan, Do, Check, Act (roue de Deming)
RSE Responsabilité Sociétale des Entreprises
TPME Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises

Les auteurs incontournables

Auteur À retenir en 5 mots
Taylor OST, one best way, rendement
Fayol POCCC, unité de commandement
Weber Bureaucratie rationnelle-légale
Mayo Hawthorne, relations humaines
Maslow Pyramide des besoins
Herzberg Hygiène vs facteurs moteurs
McGregor Théories X et Y
Simon Rationalité limitée, IMC
Mintzberg 5 configurations, contingence
Porter Chaîne de valeur, 5 forces
Chandler Structure follows strategy
Coase Coûts de transaction, faire ou faire-faire

📝 CONSEILS POUR L'EXAMEN

  1. Le module est très définitionnel : la moitié des points se joue sur des définitions précises (finalité vs objectif, efficacité vs efficience, gestion vs management, structure vs organigramme). Apprends-les mot à mot, puis illustre chacune par un exemple.
  2. Toujours illustrer par un exemple marocain. Une copie qui cite OCP, Marjane, une coopérative d'argan ou une PME de textile de Fès est systématiquement mieux notée qu'une copie abstraite.
  3. Le tableau comparatif est ton meilleur outil. Pour « comparez école classique et école des relations humaines », un tableau à trois colonnes (critère / classique / relations humaines) vaut mieux qu'une page de rédaction.
  4. Attention au piège du QCM sur les auteurs : Hawthorne → Mayo (pas Maslow) ; bureaucratie → Weber (pas Fayol) ; rationalité limitée → Simon (pas Ansoff) ; 5 configurations → Mintzberg (pas Porter).
  5. Étude de cas : la structure attendue est toujours la même — identifier (de quel concept du cours s'agit-il ?), analyser (appliquer le concept aux données du cas), proposer (deux ou trois actions justifiées). Ne jamais réciter le cours sans le relier aux données de l'énoncé.
  6. Soigne l'introduction : une phrase de définition + l'annonce du plan suffisent à poser une bonne impression dès la première ligne.
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