Concours d'accès au Master

Management Financier et Stratégie des Organisations (master de recherche)

FSJES Dhar El MahrazFès2019Difficulté3/5Corrigé disponible

Matières : Analyse Financière, Fiscalité des Entreprises, Culture Économique

Énoncé

Royaume du Maroc — Université Sidi Mohamed Ben Abdellah — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Fès

Année universitaire 2019/2020 — Master de recherche : « Management Financier et Stratégie des Organisations »

Le sujet ne précise pas la durée de l'épreuve.


Partie I

1. Cas analyse financière

L'entreprise GARDENIA est spécialisée dans la production et la commercialisation de pots et fleurs artificielles. On vous demande d'apprécier son activité en se référant aux données de son exploitation :

Compte de produits et charges :

2018 2017
I - PRODUITS
Ventes de marchandises (en l'état) 139 500 137 000
Ventes de biens et services produits 2 610 500 2 730 000
Variation de stocks produits finis -103 400 -69 500
Immob produites par l'Ese pour elle même 41 720 52 870
Reprises d'exploitation ; transferts de charges 283 000 334 300
Autres produits d'exploitation 3 600 3 400
PRODUITS FINANCIERS 22 000 32 300
PRODUITS NON COURANTS 50 000 60 100
II - CHARGES
Achats revendus (2) de marchandises 101 100 102 600
Achats consommés (2) de mat & fr 879 800 983 600
Autres charges externes 439 800 348 400
Impôts et taxes 88 900 89 200
Charges de personnel 1 048 800 1 163 200
Dotations d'exploitation 165 800 225 300
Autres charges d'exploitation 2 600 2 340
CHARGES FINANCIÈRES 89 000 96 000
CHARGES NON COURANTES 272 000 498 000
IMPÔTS SUR LES BÉNÉFICES 6 500

Évolution de l'activité depuis 2014 :

2014 2015 2016 2017 2018
CA 2 390 800 2 810 400 2 920 400 2 867 000 2 750 000
Résultat net 87 200 46 700 -17 900 -234 670 -40 880
Dividendes 47 100 35 300
Effectifs du personnel 9 600 9 700 9 700 8 900 8 100

Travail à faire :

  • Élaborer l'état des soldes de gestion de l'entreprise.
  • Analyser l'évolution de la rentabilité de l'entreprise sans omettre de calculer les ratios de valeur ajoutée.

2. Cas fiscalité

Soit un petit prestataire de services répondant aux conditions de l'option pour le RNS. Les données chiffrées relatives à l'activité de l'exercice (N) font ressortir les éléments suivants :

Éléments Montant
Chiffre d'affaires 300 000
Achats de matières et fournitures consommables 60 000
Autres charges externes 90 000
Charges de personnel 100 000
Dotations aux amortissements 15 000
Dotations aux provisions 10 000
Report déficitaire de l'exercice (N-1) (20 000)

Travail à faire : Calculer le résultat fiscal selon le régime RNS.


Partie II

Le nouveau modèle du développement marocain et les défis du capital humain : vers une amélioration de l'employabilité des jeunes.

Analyser en trente lignes maximum.

Sujet original scanné

Extrait scanné — FSJES Dhar El Mahraz 2019Extrait scanné — FSJES Dhar El Mahraz 2019

Corrigé

Afficher le corrigéMasquer le corrigéEssaie d'abord de traiter le sujet en conditions réelles.
Corrigé indicatif (relecture humaine non garantie) — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser.

Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES Fès. Les résultats nets obtenus par l'état des soldes de gestion (−40 880 en 2018, −234 670 en 2017) correspondent exactement au tableau d'évolution du sujet, ce qui confirme la lecture des chiffres.

Méthode

Deux cas (analyse financière, fiscalité) et une réflexion de 30 lignes. Le cas d'analyse financière est le plus long : l'état des soldes de gestion (ESG) selon le modèle marocain (CGNC), puis un commentaire chiffré. Posez l'ESG en deux colonnes (2018 et 2017) et calculez les variations.

Partie I — 1. Cas GARDENIA

État des soldes de gestion

Solde Calcul 2018 2017
Ventes de marchandises 139 500 137 000
− Achats revendus de marchandises 101 100 102 600
1. Marge brute sur ventes en l'état 38 400 34 400
Ventes de biens et services produits 2 610 500 2 730 000
+ Variation de stocks de produits − 103 400 − 69 500
+ Immobilisations produites par l'entreprise pour elle-même 41 720 52 870
2. Production de l'exercice 2 548 820 2 713 370
Achats consommés de matières et fournitures 879 800 983 600
+ Autres charges externes 439 800 348 400
3. Consommation de l'exercice 1 319 600 1 332 000
Valeur ajoutée (1 + 2 − 3) 1 267 620 1 415 770
− Impôts et taxes 88 900 89 200
− Charges de personnel 1 048 800 1 163 200
Excédent brut d'exploitation (EBE) 129 920 163 370
+ Autres produits d'exploitation 3 600 3 400
− Autres charges d'exploitation 2 600 2 340
+ Reprises d'exploitation, transferts de charges 283 000 334 300
− Dotations d'exploitation 165 800 225 300
Résultat d'exploitation 248 120 273 430
Résultat financier 22 000 − 89 000 ; 32 300 − 96 000 − 67 000 − 63 700
Résultat courant 181 120 209 730
Résultat non courant 50 000 − 272 000 ; 60 100 − 498 000 − 222 000 − 437 900
Résultat avant impôt − 40 880 − 228 170
− Impôt sur les résultats 0 6 500
Résultat net − 40 880 − 234 670

Chiffre d'affaires : 139 500 + 2 610 500 = 2 750 000 en 2018 ; 137 000 + 2 730 000 = 2 867 000 en 2017.

L'impôt de 6 500 DH payé en 2017 malgré la perte est la cotisation minimale. En 2018, le sujet n'indique pas d'impôt alors que la cotisation minimale aurait dû être due ; nous gardons les chiffres du sujet.

Ratios de valeur ajoutée

Ratio 2018 2017 Lecture
VA / CA (taux d'intégration) 46,1 % 49,4 % Baisse : l'entreprise sous-traite ou consomme davantage (charges externes + 26 %)
Charges de personnel / VA 82,7 % 82,2 % La VA sert presque entièrement à rémunérer le personnel
Impôts et taxes / VA 7,0 % 6,3 % Part de l'État
EBE / VA (part de l'entreprise) 10,2 % 11,5 % Très faible : peu de ressources pour investir et rembourser
Charges financières / VA 7,0 % 6,8 % Part des prêteurs, supérieure à la rentabilité dégagée
VA par salarié 156,5 DH 159,1 DH Productivité apparente du travail ; chiffre peu réaliste, les effectifs du sujet (8 100 et 8 900) sont sans doute exprimés dans une autre unité

Ratios de rentabilité : EBE / CA = 4,7 % (5,7 % en 2017) ; résultat courant / CA = 6,6 % (7,3 %) ; résultat net / CA = −1,5 % (−8,2 %).

Analyse de l'évolution

  1. Une activité en déclin depuis 2016 : le chiffre d'affaires baisse de 2 920 400 (2016) à 2 750 000 (2018), soit −5,8 % en deux ans ; la production de 2018 recule de 6,1 % et le déstockage de produits finis s'accentue (−103 400), signe de difficultés à produire ou de mévente.
  2. Une rentabilité d'exploitation faible et en baisse : la VA chute de 10,5 % et l'EBE de 20,5 %. L'entreprise réduit ses effectifs (9 700 en 2016, 8 100 en 2018) et ses charges de personnel (−9,8 %), mais la hausse des autres charges externes (+91 400) annule l'effet. La part de la VA laissée à l'entreprise (10 %) est insuffisante.
  3. Le résultat d'exploitation tient grâce aux reprises (283 000) : sans elles, il serait négatif. La qualité du résultat est médiocre.
  4. Les pertes viennent du non courant : −222 000 en 2018, −437 900 en 2017 (restructuration, cessions, pénalités ?). Le résultat courant reste positif (181 120), donc le cœur de l'activité n'est pas déficitaire, mais il baisse.
  5. Un endettement pesant : les charges financières (89 000) représentent plus des deux tiers de l'EBE (68 %) et absorbent 7 % de la VA.
  6. Conséquences : trois exercices déficitaires consécutifs, plus de dividendes depuis 2016. Recommandations : maîtriser les charges externes, relancer les ventes (marchés, produits), identifier et stopper les causes des charges non courantes, alléger l'endettement.

Partie I — 2. Cas fiscalité (RNS)

Le régime du résultat net simplifié (articles 38 et 39 du CGI) permet à un contribuable soumis à l'IR de calculer son résultat sans tenir compte des provisions ni des déficits reportables, qui ne sont pas déductibles.

Élément Montant
Chiffre d'affaires 300 000
− Achats de matières et fournitures consommables − 60 000
− Autres charges externes − 90 000
− Charges de personnel − 100 000
− Dotations aux amortissements − 15 000
Dotations aux provisions non déductibles
Report déficitaire de N−1 non imputable
Résultat fiscal (RNS) 35 000 DH

Piège : déduire les provisions (résultat de 25 000) ou le déficit antérieur (15 000, voire 5 000) comme au régime du résultat net réel.

Partie II — Le nouveau modèle de développement et l'employabilité des jeunes (30 lignes)

Introduction : le rapport de la Commission spéciale sur le modèle de développement (2021) fait du capital humain l'un des quatre axes de transformation. Le chômage des jeunes urbains dépasse 30 % et une part importante des 15-24 ans n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Problématique : comment le nouveau modèle compte-t-il rendre les jeunes plus employables ?

I. Les défis du capital humain

  • Qualité insuffisante des apprentissages (résultats faibles aux évaluations internationales), décrochage scolaire.
  • Inadéquation entre formation et besoins des entreprises, chômage élevé des diplômés.
  • Faible participation des femmes à l'activité, poids de l'informel.

II. Les leviers du nouveau modèle

  • Réforme de l'éducation (loi-cadre 51-17) : qualité, maîtrise des langues, orientation.
  • Formation professionnelle : cités des métiers et des compétences dans chaque région, apprentissage en alternance.
  • Université : employabilité, soft skills, passage au système LMD rénové.
  • Programmes d'emploi et d'entrepreneuriat : Intelaka, Forsa, Awrach ; insertion par l'ANAPEC.
  • Partenariat avec le secteur privé et territorialisation des politiques de l'emploi.

Conclusion : l'employabilité des jeunes est le test de réussite du nouveau modèle ; elle suppose une action coordonnée de l'école, de la formation et de l'entreprise, évaluée dans la durée.

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