Université Cadi Ayyad — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Marrakech
Année universitaire : 2024/2025 — Marrakech, le 18/09/2024
Concours d'accès au Master « Entrepreneuriat, Innovation et Création des Start Up » — 6e Promotion 2024-2026
Durée du test : 2 heures
NB. Lisez attentivement tout le papier avant de répondre aux questions suivantes. Vos réponses doivent être succinctes et non génériques, claires et définies dans le sens de la question.
Les questions que contient cette épreuve sont organisées en deux parties :
Seront pris en considération dans l'évaluation de la note les critères suivants :
La transformation digitale, ce n'est pas une histoire de startups ! ou plutôt pas que…
PentaGuy Blogger — Janvier 18, 2017 — 3 min to read
Le phénomène « startups » est à la mode depuis près de 10 ans : on a l'impression que tout réussit à ces nouveaux entrepreneurs, essentiellement US, qui avec de nouveaux codes, de nouvelles pratiques, de nouveaux services, renversent la table, conquièrent des marchés gigantesques, raflent les premières places au NASDAQ…
On voit depuis 10 ans, les Google, Amazon, Facebook, Apple (les GAFA) devenir de véritables géants. À côté d'eux, depuis moins longtemps, de nouveaux acteurs apparaissent et semblent suivre le même chemin : Uber, AirBnB, Blablacar, … et beaucoup d'autres…
Les startups sont des pionnières. Elles sont les premières organisations à prendre le risque de s'engouffrer dans la transformation du monde facilitée par l'irruption des technologies, pour proposer de nouveaux produits, de nouvelles innovations de services, adaptées aux marchés eux-mêmes en pleine transformation car découvrant de nouveaux usages, de nouvelles possibilités, de nouvelles solutions.
Les startups sont aux avant-postes et défrichent de nouveaux territoires, comme les chercheurs d'or de la fin du XIXe, et avec les mêmes aléas ! Ces startups cherchent le bon business model, celui qui leur assurera une croissance exponentielle sur le marché.
Elles se servent massivement du digital pour progresser et elles nous aident donc à comprendre les évolutions des attentes du marché provoquées par les innovations.
Par ailleurs, les PME sont plutôt dans l'exploitation d'un business model éprouvé dans sa rentabilité, sur la base d'une offre produits ou services stable. Elles ne sont pas toutes, loin s'en faut, obsédées par la croissance à 2 chiffres et ont trouvé leur équilibre. Le digital représente pour elles d'abord une palette d'outils.
Cela veut-il dire pour autant que le digital ne les concerne pas ou peu ? Pas du tout.
Ce qui se passe, c'est une transformation massive de l'environnement des entreprises et d'abord des hommes et des femmes qui expriment de nouvelles exigences d'attention, de rapidité, de personnalisation, … que ce nouveau monde leur promet.
L'individu croit dur comme fer à la transformation digitale ! et il se tourne naturellement vers ceux qui concrétisent ses promesses. Étonnante transformation qui passe de la sphère privée à la sphère professionnelle et non l'inverse…
À partir de ce constat, la question de la transformation ne se pose pas en termes d'option : le monde change, les clients changent, les collaborateurs de l'entreprise changent… Il faut s'y adapter au risque de les voir se détourner vers des offres correspondant mieux à leurs attentes en évolution.
Et la procrastination en la matière est dangereuse : car la transformation n'est pas un événement ponctuel mais un mouvement de long terme.
C'est le produit des révolutions technologiques de l'informatique et des télécommunications mais c'est aussi à l'allongement de la durée de la vie, à la génétique, aux mobilités humaines, à notre rapport au temps ou à la vie privée, à la robotisation, à l'intelligence artificielle, à la réalité virtuelle ou augmentée, à l'évolution du climat.
La caractéristique de notre époque est bien cette simultanéité de révolutions répétées dans le temps comme des vagues successives qu'il s'agit de prendre, comme un surfeur, avec agilité et souplesse…
Ainsi, le changement à l'œuvre n'est pas un phénomène unique mais une lame de fond qui transforme profondément et sur la durée. Pour l'entrepreneur, c'est d'une prise de conscience qu'il s'agit : celle que ce nouveau monde est déjà là en émergence et que l'adaptation sera longue, et sans doute continue ; alors autant commencer rapidement !
TAF : À la lumière du texte, vos connaissances dans le domaine ainsi que les caractéristiques du contexte actuel, on vous demande d'analyser du rôle et des enjeux d'utilisation du « Digital » dans l'amélioration des capacités des entreprises, telles que les start-ups marocaines et les PME, afin de se positionner sur le marché d'aujourd'hui.
Analyser, dans une vingtaine de lignes, les spécificités ainsi que la différence entre « l'approche Entrepreneuriale » et « l'approche managerielle » de fonctionnement et de gestion de l'entreprise ?
La demande annuelle concernant la consommation d'un produit de nettoyage est évaluée à 1.250.000 dhs. Le coût de possession du stock est évalué à 15 % de la valeur moyenne du stock alors que le coût de passation d'une commande est de 1850 dhs. Le prix d'achat unitaire est de 300 dhs.
TAF :
Après une année de sa création, les besoins d'une jeune entreprise pour un projet d'extension de début de l'année 2024 sont les suivants :
| Élément | Montant |
|---|---|
| Terrains | 800 000 DH |
| Matériel de transport | 50 000 DH |
| Stocks des produits | 40 000 DH |
| Matériel de bureau | 100 000 DH |
| Matériel informatique | 150 000 DH |
| Clients | 105 000 DH |
| Fournisseurs de LT | 200 000 DH |
| Frais d'extension de CT | 200 000 DH |
| Dettes de l'État à LT | 100 000 DH |
| Frais bancaires de LT | 200 000 DH |
L'apport personnel est composé de 3500 parts sociales dont valeur remonte à 100 DH l'une et qui reviennent à la propriété et à parts inégales à Mr SAJAI et Mr TAZI. Ce dernier rapporte un capital en nature d'environ 20 %.
TAF :
Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES Marrakech. La question 1 est obligatoire ; un seul des trois sujets de la question 2 est à traiter. Les trois sont corrigés ci-dessous. Le sujet 3 est rédigé de façon ambiguë (des ressources de financement figurent dans la liste des « besoins ») : l'interprétation retenue est expliquée ; présentez-la clairement sur votre copie.
(réponse attendue en une vingtaine de lignes)
L'approche entrepreneuriale est centrée sur la détection et l'exploitation d'opportunités, indépendamment des ressources actuellement contrôlées (définition de H. Stevenson). L'entrepreneur accepte le risque et l'incertitude, innove (J. Schumpeter : l'entrepreneur « destructeur créateur »), agit vite, engage les ressources par étapes, préfère souvent les louer ou les emprunter plutôt que les posséder, et fonctionne dans une organisation plate, flexible et informelle. Sa performance se mesure à la création de valeur et à la croissance.
L'approche managériale (ou administrative) est centrée sur la gestion efficiente des ressources existantes : planification, organisation, coordination et contrôle (H. Fayol). Le manager cherche à réduire le risque, à stabiliser les processus, à optimiser les coûts ; il engage des ressources importantes après analyse approfondie ; l'organisation est hiérarchisée et formalisée (procédures, budgets, tableaux de bord). Sa performance se mesure à l'efficacité et à la rentabilité d'une activité établie.
| Critère | Approche entrepreneuriale | Approche managériale |
|---|---|---|
| Point de départ | L'opportunité | Les ressources contrôlées |
| Rapport au risque | Accepté, recherché | Minimisé, maîtrisé |
| Engagement des ressources | Par étapes, minimal | Massif, planifié |
| Structure | Plate, informelle, réseau | Hiérarchique, formalisée |
| Horizon | Création, croissance, innovation | Stabilité, optimisation |
Complémentarité : une startup doit progressivement se manager pour survivre à sa croissance, et une grande entreprise doit rester entrepreneuriale (intrapreneuriat) pour continuer à innover.
Données : consommation annuelle $D = 1\,250\,000$ DH, prix unitaire $p = 300$ DH, soit $\frac{1\,250\,000}{300} \approx 4\,166{,}67$ unités par an ; coût de passation $C_p = 1\,850$ DH par commande ; taux de possession $t = 15\,\%$ de la valeur moyenne du stock.
En valeur :
$$Q^* = \sqrt{\frac{2 \times D \times C_p}{t}} = \sqrt{\frac{2 \times 1\,250\,000 \times 1\,850}{0{,}15}} = \sqrt{30\,833\,333\,333} \approx 175\,594 \text{ DH}$$
Interprétation : en commandant environ 585 unités (175 594 DH) toutes les 50 à 51 jours, l'entreprise équilibre exactement le coût de passation des commandes et le coût de possession du stock ; commander plus souvent augmenterait les frais de commande, commander moins souvent augmenterait le coût du stockage. Le stock moyen est de $\frac{175\,594}{2} \approx 87\,797$ DH.
Interprétation retenue : la liste mélange des emplois (investissements et besoin en fonds de roulement) et des ressources (« Fournisseurs de LT », « Dettes de l'État à LT » et « Frais bancaires de LT », qui s'analysent comme des dettes à long terme : fournisseurs d'immobilisations, dette envers l'État et emprunt bancaire). Les « frais d'extension » sont traités comme des frais préliminaires à financer au démarrage.
| Besoins (emplois) | Montant (DH) |
|---|---|
| Frais d'extension | 200 000 |
| Terrains | 800 000 |
| Matériel de transport | 50 000 |
| Matériel de bureau | 100 000 |
| Matériel informatique | 150 000 |
| Sous-total investissements | 1 300 000 |
| Stocks | 40 000 |
| Clients | 105 000 |
| Besoin en fonds de roulement | 145 000 |
| Besoin de financement total | 1 445 000 |
| Emplois | Montant (DH) | Ressources | Montant (DH) |
|---|---|---|---|
| Frais d'extension | 200 000 | Capital (apports des associés) | 350 000 |
| Terrains | 800 000 | dont apport en nature (TAZI) | 70 000 |
| Matériel de transport | 50 000 | dont apport en numéraire (SAJAI) | 280 000 |
| Matériel de bureau | 100 000 | Fournisseurs à long terme | 200 000 |
| Matériel informatique | 150 000 | Dettes envers l'État à long terme | 100 000 |
| Besoin en fonds de roulement (stocks + clients) | 145 000 | Emprunt bancaire à long terme | 200 000 |
| Financement complémentaire à trouver | 595 000 | ||
| Total emplois | 1 445 000 | Total ressources | 1 445 000 |
Commentaire : les ressources identifiées (850 000 DH) ne couvrent que 59 % des besoins ; il reste 595 000 DH à financer (nouvel emprunt, augmentation de capital, leasing du matériel, subventions ou programmes d'appui aux jeunes entreprises). Si l'apport en nature de M. TAZI correspond à un bien déjà compté dans les emplois (terrain ou matériel), il réduit d'autant le besoin à financer en numéraire.



Les épreuves portent sur : Entrepreneuriat, Transformation Digitale, Gestion des Stocks, Plan de Financement.
Oui, un corrigé indicatif est disponible sur cette page — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser, la relecture humaine n'est pas garantie.
Oui, l'énoncé complet est consultable en ligne et téléchargeable en PDF gratuitement sur SaadConcours, sans inscription.
Ce sujet est classé avec une difficulté de 3/5 sur notre échelle, à titre indicatif.