Concours d'accès au Master en droit

Droit des affaires

FSJES Ain ChockCasablanca2018Difficulté4/5Corrigé disponible

Sujet officiel du concours de la FSJES Ain Chock (Casablanca), session 2018.

Matières : Droit commercial, Droit des sociétés

Énoncé

FSJES Aïn Chock — Université Hassan II de Casablanca

MASTER DROIT DES AFFAIRES
EPREUVE ECRITE D'ADMISSION/18 septembre 2018
DUREE deux heures (2h)

Commentez le texte ci-dessous, en quatre pages maximum, en adoptant un plan sommaire et une introduction

« Le droit commercial a toujours entretenu des liens compliqués avec la morale. Les techniques du droit commercial visent à la recherche du profit et sa distribution. Mais cela peut-il se faire à n'importe quelles conditions ? Jusqu'à une époque récente les contraintes pesant sur les acteurs du commerce demeuraient minimes. La règle du secret des affaires l'emportait. Progressivement, une exigence d'éthique dans les affaires s'est imposée ce qui a favorisé l'apparition de codes de déontologie. Le devoir de loyauté a aussi été mis à la charge des dirigeants et des entreprises.

La crise économique a cependant montré qu'une étape supplémentaire devait être franchie. Il existe une exigence de moralisation supplémentaire de la vie des affaires. Déjà plusieurs évolutions sont la conséquence de la crise. Une législation plus contraignante du droit des sociétés cotées s'élabore afin d'éviter que les dirigeants ne puissent se faire accorder des avantages excessifs.

L'exigence de transparence peut aussi se rattacher à cette plus grande exigence d'éthique. Traditionnellement, le droit commercial reposait sur un principe de secret des affaires. Il s'en déduisait de nombreuses conséquences. Le secret bancaire recevait peu de limites. Les entreprises n'avaient pas à communiquer leurs conditions de vente.

La règle du secret des affaires a cependant montré ses limites. Tout d'abord, le secret peut favoriser la fraude. Le secret bancaire a ainsi favorisé la fraude fiscale, le blanchiment de l'argent sale. Ensuite, le secret constitue une entrave au jeu de la libre concurrence. Enfin, le secret se révèle être un instrument de domination au profit des grandes entreprises, des centrales d'achat par exemple... »

Texte transcrit d'une photo de petite taille : quelques mots ont été lus d'après le contexte.

Corrigé

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Introduction

  • Accroche : « les affaires sont les affaires » : la formule résume la défiance traditionnelle du droit commercial envers la morale.
  • Présentation du texte : l'auteur décrit le passage d'un droit commercial fondé sur le profit et le secret à un droit qui intègre l'éthique et la transparence, sous l'effet des crises.
  • Problématique : la moralisation du droit des affaires est-elle une contrainte imposée de l'extérieur ou une condition du bon fonctionnement du marché ?
  • Plan : I. De l'indifférence à l'exigence éthique. II. Du secret à la transparence.

I. De l'indifférence à l'exigence éthique

  • A. Un droit longtemps tourné vers le profit : liberté du commerce, contraintes minimes, règle du secret.
  • B. La montée de l'éthique : codes de déontologie et de gouvernance (au Maroc, code marocain de bonnes pratiques de gouvernance d'entreprise, 2008), devoir de loyauté des dirigeants, encadrement des rémunérations et conventions réglementées dans les sociétés cotées (loi 17-95 réformée, contrôle de l'AMMC).

II. Du secret à la transparence

  • A. Les limites du secret : fraude fiscale et blanchiment (loi 43-05 sur le blanchiment de capitaux, levée du secret bancaire au profit de l'UTRF), entraves à la concurrence (loi 104-12, transparence des prix et des conditions de vente), domination des grands opérateurs.
  • B. Une transparence encadrée : le secret des affaires reste protégé quand il est légitime (savoir-faire, secret professionnel) ; l'enjeu est l'équilibre entre information du marché et protection de l'entreprise.

Conclusion

La morale n'est plus extérieure au droit des affaires : transparence et loyauté sont devenues des conditions de la confiance dont le marché a besoin.

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