Concours d'accès au Master en droit

Droit économique et du commerce international

FSJES Tanger2014Difficulté3/5Corrigé disponible

Sujet officiel du concours de la FSJES Tanger, session 2014.

Matières : Introduction à l'étude du droit, Droit des affaires

Énoncé

UNIVERSITE ABDELMALEK ESSADI
Faculté des sciences Juridiques Economiques et Sociales de Tanger

MASTER : DROIT ECONOMIQUE ET DU COMMERCE INTERNATIONAL
CONCOURS D'ACCES AU MASTER : DROIT ECONOMIQUE ET DU COMMERCE INTERNATIONAL
Année 201/2015 (ainsi sur le sujet)
Durée 1 heure

Ethique et droit

Les rapports entre la déontologie, la morale, l'éthique et le droit sont complexe. A l'époque du pluralisme idéologique et d'un engouement sans précédent pour les droits et libertés de la personne, le rôle de l'éthique s'accroît au fur et à mesures que se posent les problèmes sociaux et moraux liés au développement de la société.

De quoi parle-t-on lorsque l'on parle de moral, de déontologie ou de droit ?

Ethique et économie

Pour la science économique dominante, depuis deux siècles, l'affaire est entendue : c'est le libre jeu des intérêts et du calcul égoïste propres au marché et à l'homo economicus qui gouverne l'économie, et l'exhortation à l'altruisme, au don pur et désintéressé ne relève que de la morale. cette injonction contradictoire, qui ouvre à toutes les surenchères et fait croître le cynisme à proportion de l'angélisme. Mais comment procéder au remariage après le divorce ? L'impressionnante vogue de l'éthique de l'entreprise, ici examinée, laisse des sentiments mitigés : comment démêler ce qui témoigne d'un véritable progrès de l'exigence éthique de sa pure et simple instrumentalisation ?

Corrigé

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1. Morale, déontologie, droit

  • Morale : ensemble de règles de conduite fondées sur la conscience et des valeurs (bien/mal) ; sanction intérieure ou sociale.
  • Éthique : réflexion sur les valeurs qui guident l'action, souvent appliquée à un domaine (bioéthique, éthique des affaires).
  • Déontologie : règles de conduite propres à une profession (avocats, notaires, médecins), adoptées par un ordre, avec sanctions disciplinaires.
  • Droit : règles générales, abstraites et obligatoires, édictées par l'autorité publique et sanctionnées par l'État.
  • Rapports : le droit consacre souvent des règles morales (bonne foi, art. 231 du DOC ; ordre public et bonnes mœurs), la déontologie est un pont entre morale et droit ; mais le droit peut être moralement neutre (règles techniques) ou en avance sur la morale commune.

2. Éthique et économie : progrès ou instrumentalisation ?

  • Le constat : l'économie classique sépare intérêt et morale ; la vogue de l'éthique d'entreprise (chartes, RSE) prétend les réconcilier.
  • Signes d'un progrès réel : normes de gouvernance, responsabilité sociale et environnementale, obligations de transparence et de lutte contre la corruption, sanctions effectives.
  • Signes d'instrumentalisation : éthique comme outil de communication (« ethics washing »), chartes non contraignantes, absence de contrôle.
  • Critère proposé : l'éthique est un progrès lorsqu'elle se traduit en obligations vérifiables et sanctionnées, et lorsqu'elle coûte quelque chose à l'entreprise.

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