L'évaluation du contrôle interne
4.1 Définition et objectifs du contrôle interne
Le contrôle interne est l'ensemble des dispositifs mis en place par une entreprise pour maîtriser ses activités. Ses objectifs classiques :
| Objectif | Illustration |
|---|---|
| Fiabilité de l'information financière | Comptes reflétant fidèlement les opérations réelles |
| Protection du patrimoine | Prévention des détournements, pertes, fraudes |
| Efficacité et efficience des opérations | Bon emploi des ressources |
| Conformité aux lois et règlements | Respect des obligations légales et fiscales |
4.2 Pourquoi l'auditeur évalue-t-il le contrôle interne ?
Un contrôle interne fiable réduit le risque que des anomalies significatives se produisent et ne soient pas corrigées : l'auditeur peut alors alléger ses contrôles substantifs. Un contrôle interne faible oblige au contraire à renforcer ces contrôles (cf. chapitre 3).
4.3 La démarche d'évaluation
$$\text{Description des procédures} \rightarrow \text{Tests de conformité (le circuit décrit est-il appliqué ?)} \rightarrow \text{Identification des points forts/faibles} \rightarrow \text{Tests de permanence}$$
| Outil de description | Usage |
|---|---|
| Narratif | Description textuelle d'une procédure |
| Diagramme de circulation (flow-chart) | Représentation graphique des flux de documents et de tâches |
| Questionnaire de contrôle interne (QCI) | Liste de questions fermées identifiant forces et faiblesses par cycle |
4.4 Séparation des tâches : principe cardinal
Le principe de séparation des fonctions (autorisation, exécution, enregistrement, contrôle/conservation) confiées à des personnes différentes est le fondement d'un bon contrôle interne : il limite les possibilités d'erreur ou de fraude non détectée.
Exercice 1
Dans une PME, le même employé est chargé de : réceptionner les chèques des clients, les enregistrer en comptabilité, et effectuer le rapprochement bancaire mensuel.
Travail à faire :
- Identifiez la faiblesse de contrôle interne dans cette organisation.
- Quel risque cela fait-il courir à l'entreprise ?
- Proposez une recommandation pour corriger cette faiblesse.
Voir le corrigé
1) Faiblesse identifiée : absence de séparation des tâches — un même employé cumule la réception des fonds (encaissement), leur enregistrement comptable, et le contrôle (rapprochement bancaire) de sa propre saisie.
2) Risque encouru : cet employé pourrait détourner un chèque reçu et dissimuler ce détournement en manipulant l'enregistrement comptable et le rapprochement bancaire — aucune personne indépendante ne vient recouper son travail, ce qui rend la fraude difficilement détectable.
3) Recommandation : confier le rapprochement bancaire (fonction de contrôle) à une personne distincte de celle qui réceptionne et enregistre les encaissements — par exemple le responsable financier ou un contrôleur interne, garantissant une séparation effective entre exécution et contrôle.
Exercice 2 — Le cycle Achats d'une PME
Dans une PME, le magasinier passe lui-même les commandes aux fournisseurs par téléphone, sans bon de commande. À la livraison, il signe le bon du transporteur sans compter les colis. Le comptable règle chaque facture reçue dès son arrivée.
- Relevez trois faiblesses de contrôle interne.
- Pour chacune, indiquez le risque et une recommandation.
Voir le corrigé
| Faiblesse | Risque | Recommandation |
|---|---|---|
| Commande sans bon de commande autorisé | Achats inutiles ou fictifs, collusion avec un fournisseur | Bon de commande pré-numéroté, signé par un responsable distinct du magasinier |
| Réception sans comptage | Paiement de marchandises non reçues, écarts de stock | Bon de réception établi après comptage et contrôle qualité |
| Paiement sans rapprochement | Double paiement, paiement de factures erronées | Rapprochement bon de commande / bon de réception / facture avant tout règlement |
Le magasinier cumule en outre autorisation (commande) et conservation (stock) : les tâches doivent être séparées.
L'essentiel — Le contrôle interne
- Le contrôle interne regroupe les dispositifs qui permettent de maîtriser l'activité : fiabilité de l'information, protection du patrimoine, efficacité des opérations, conformité aux lois.
- Un contrôle interne fiable permet d'alléger les contrôles substantifs ; un contrôle faible oblige à les renforcer.
- Démarche : description des procédures → tests de conformité (la procédure décrite existe-t-elle ?) → forces et faiblesses → tests de permanence (s'applique-t-elle toute l'année ?).
- Outils : narratif, diagramme de circulation, QCI (questionnaire de contrôle interne).
- Principe cardinal : séparation des tâches (autorisation, exécution, enregistrement, conservation, contrôle).