Concours d'accès au Master

Entrepreneuriat, Innovation et Création des Start Up (EICSU) — 7e promotion 2025-2027

FSJES Marrakech2025Difficulté2/5Corrigé disponible

Matières : Entrepreneuriat, Financement des start-up, Éducation entrepreneuriale

Énoncé

Université Cadi Ayyad — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Marrakech

Année universitaire : 2025/2026 — Marrakech, le 22/11/2025

Concours d'accès au Master « Entrepreneuriat, Innovation et Création des Start Up » — 7e Promotion 2025-2027

Durée du test : 2 heures

Lisez attentivement tout le papier avant de répondre aux questions suivantes.

NB. Vos réponses doivent être succinctes et non génériques, claires et définies dans le sens de la question.

Question n° 1

Depuis plusieurs années le Maroc s'est lancé sur des chantiers d'initiation, d'investigations, de promotion, d'encouragement et de développement de l'Entrepreneuriat dans ses différentes dimensions économique, fiscale, managériale, sociale et autres.

Nous nous reconnaissons l'instauration de plusieurs programmes adhoc créés afin de faire de la mission de Création d'Entreprises une priorité tels que les CRI (Centre Régionaux d'Investissement), les Fondations de Financement à la Création d'Entreprises, le Fonds Hassan II et le Fonds Mohamed VI, les cadres de Financement approprié tels que les Crédits Jeunes Promoteurs pendant les années 1980 et 1990, Intilaka depuis 2019, Forsa, Tatouir, etc.

Effectivement, le capital-investissement est relativement bien développé au Maroc avec une offre de plus en plus dense. Toutefois, le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) spécifiquement dédiés à certaines structures et pépites d'entrepreneurs et d'entreprises jeunes et celles nouvellement installées sur le marché, restent malheureusement à développer. En conséquence, les besoins de financement des jeunes pousses et des entreprises justement en phase de démarrage et de développement initial sont encore peu couverts. Pour ce, les startups marocaines et les jeunes PME innovantes restent, en général, confrontées à une situation critique de « faux démarrage et d'échec entrepreneurial ».

Par ailleurs, il paraît que les porteurs des projets font face aux faiblesses de certaines compétences entrepreneuriales, du savoir-faire adéquat notamment en matière d'investissement et de connaissances des normes d'agencement et de management qui sont prédéfinis dans le cadre de l'écosystème entrepreneurial qui est appelé à soutenir les entrepreneurs et favoriser la Création d'Entreprises.

Pour stimuler un environnement plus dynamique, « il est essentiel de résoudre les problèmes de conception, de démarrage et de développement des capacités et de pérennité de ces entités afin de limiter les process de faillite », préconisent les experts. La SFI préconise également de dispenser « une formation en éducation financière aux nouveaux entrepreneurs ».

D'autres vont plus loin en sollicitant une Éducation Entrepreneuriale (pas seulement une formation) globale, précoce mais surtout ad hoc et spécifique aux spécificités des jeunes entrepreneurs marocains et aux caractéristiques des jeunes Start up marocaines. L'Éducation basée sur un « mind set » ouvert, imaginaire, libre et porteur qui s'avère certes de plus en plus nécessaire.

TAF : À la lumière de ce qui précède et à travers vos connaissances, analysez le rôle à jouer par le Financement et l'Éducation Entrepreneuriale afin d'amorcer une réussite de démarrage des jeunes entreprises telles que les Start Up marocaines.

Question n° 2

Rappeler brièvement et succinctement ce que représente pour vous le concept « Entrepreneuriat ».

Bon courage

Sujet original scanné

Extrait scanné — FSJES Marrakech 2025Extrait scanné — FSJES Marrakech 2025

Corrigé

Afficher le corrigéMasquer le corrigéEssaie d'abord de traiter le sujet en conditions réelles.
Corrigé indicatif (relecture humaine non garantie) — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser.

Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES Marrakech. Le sujet ne comporte aucun calcul : la question 1 attend une analyse structurée (plan détaillé ci-dessous, à rédiger sur la copie), la question 2 une définition personnelle mais argumentée. Le jury insiste sur des réponses « succinctes et non génériques » : chaque idée doit être reliée au contexte marocain du texte.

Question 1 — Financement et éducation entrepreneuriale, deux leviers du démarrage des start-up marocaines

Lire le sujet avant d'écrire

  • Le TAF porte sur deux leviers, à traiter à part égale : le financement et l'éducation entrepreneuriale. Une copie qui ne parle que d'argent est hors sujet pour moitié.
  • La cible est la phase de démarrage (« amorcer une réussite de démarrage »), pas la croissance d'une PME installée.
  • Le texte fournit lui-même le diagnostic : une offre publique riche, un capital-investissement développé, mais un trou de financement en amont (capital-risque et business angels rares) et un déficit de compétences des porteurs de projets, d'où le risque de « faux démarrage et d'échec entrepreneurial ».
  • Le texte distingue formation (transmettre des techniques) et éducation (forger un état d'esprit, un mindset) : reprendre cette distinction est attendu.

Introduction

  • Accroche : le Maroc a multiplié les dispositifs d'appui à la création d'entreprise, des Crédits Jeunes Promoteurs des années 1980-1990 au programme Intelaka ; pourtant le texte constate que les jeunes pousses restent exposées au « faux démarrage ».
  • Définitions :
    • start-up : jeune entreprise innovante, en recherche d'un modèle économique reproductible, à fort potentiel de croissance et à forte incertitude ;
    • financement de démarrage : ressources qui couvrent la période entre l'idée et les premiers revenus réguliers (pré-amorçage, amorçage) ;
    • éducation entrepreneuriale : démarche qui développe à la fois les connaissances, les compétences et l'esprit d'entreprendre (initiative, tolérance au risque, créativité), au-delà d'une simple formation technique.
  • Problématique : dans quelle mesure le financement et l'éducation entrepreneuriale, pris ensemble, permettent-ils aux start-up marocaines de franchir la phase critique du démarrage ?
  • Annonce : I. Le financement, condition nécessaire pour traverser la phase d'amorçage — II. L'éducation entrepreneuriale, condition de la bonne utilisation de ce financement.

I. Le financement : lever le verrou de l'amorçage

A. Pourquoi le démarrage est la phase la plus fragile
  • Entre la mise de fonds initiale et les premiers revenus, la start-up consomme de la trésorerie sans en produire : c'est la « vallée de la mort » (death valley).
  • Les banques financent mal ce stade : pas d'historique, peu de garanties, actifs immatériels (idée, logiciel, équipe), risque élevé. Le crédit classique suppose des flux futurs prévisibles, ce que la start-up n'a pas.
  • Conséquence relevée par le texte : des besoins « encore peu couverts », un capital-investissement concentré sur les entreprises déjà établies, et des capital-risqueurs et business angels encore rares.
B. Un financement adapté à chaque étape (l'« escalier » du financement)
Étape Besoin Sources adaptées
Idée, prototype (pré-amorçage) Faible montant, risque maximal Apport personnel, love money (famille, amis), prêt d'honneur, subventions, concours d'innovation
Lancement (amorçage) Premier produit, premiers clients Business angels, fonds d'amorçage, financement participatif, prêts garantis
Premiers développements Recrutement, commercialisation Capital-risque (premiers tours), crédit bancaire garanti
Croissance Montée en échelle Capital-développement, dette bancaire classique

Idée clé à écrire : le bon financement au bon moment. Un crédit bancaire trop tôt fait peser des remboursements sur une entreprise sans revenus ; des fonds propres trop tardifs laissent mourir le projet faute de trésorerie.

C. Les dispositifs marocains et leurs limites
  • Dispositifs cités dans le texte :
    • CRI (créés en 2002, réformés par la loi 47-18) : guichet de création et d'accompagnement de l'investissement ;
    • Fonds Hassan II pour le développement économique et social, et Fonds Mohammed VI pour l'investissement (créé en 2020), qui intervient notamment par des fonds d'investissement sectoriels et de capital ;
    • Crédits Jeunes Promoteurs (années 1980-1990), puis Moukawalati (2006), dont les résultats ont été jugés décevants faute d'accompagnement ;
    • Intelaka (programme intégré d'appui et de financement des entreprises, annoncé fin 2019) : crédits à taux réduit (2 %, 1,75 % en milieu rural) et garanties pour les auto-entrepreneurs, TPE et jeunes entreprises ;
    • Forsa : prêt d'honneur et accompagnement des porteurs de projets ;
    • Tatwir (programmes de Maroc PME) : soutien aux investissements des TPME et des start-up industrielles.
  • Autres outils à citer : produits Innov Invest de Tamwilcom (ex-CCG), lancés avec la Banque mondiale pour soutenir les fonds d'amorçage et les jeunes entreprises innovantes ; loi 15-18 sur le financement collaboratif (crowdfunding) ; statut de l'auto-entrepreneur (loi 114-13), qui allège les formalités et la fiscalité des très petits projets.
  • Limites (à relier au texte) :
    • offre riche en dette garantie, plus rare en fonds propres de démarrage ;
    • peu de business angels structurés en réseaux, et capital-risque concentré sur peu de dossiers ;
    • dispositifs nombreux et dispersés, mal connus des porteurs de projets ;
    • un financement accordé sans suivi peut accélérer l'échec : l'argent finance alors un projet mal conçu.
D. Au-delà de l'argent : le « smart money »
  • Un business angel ou un fonds de capital-risque apporte aussi un réseau, des conseils, de la crédibilité auprès des clients et des banques.
  • La SFI (filiale de la Banque mondiale) recommande une éducation financière des nouveaux entrepreneurs : savoir bâtir un plan de financement, suivre sa trésorerie, négocier une levée de fonds. Transition : le financement ne produit ses effets que si l'entrepreneur sait l'utiliser.

II. L'éducation entrepreneuriale : rendre le financement efficace

A. Le déficit de compétences, seconde cause du « faux démarrage »
  • Le texte pointe des faiblesses en compétences entrepreneuriales, en savoir-faire d'investissement et en connaissance des normes de gestion de l'écosystème.
  • Erreurs typiques des démarrages ratés : marché non testé, sous-estimation du besoin en fonds de roulement, absence de modèle économique, équipe incomplète, méconnaissance des obligations juridiques et fiscales.
B. Formation ou éducation : la distinction du texte
Formation Éducation entrepreneuriale
Transmet des techniques (business plan, comptabilité, fiscalité) Développe un état d'esprit (mindset) : initiative, créativité, tolérance au risque et à l'échec
Ponctuelle, souvent après le projet Précoce : dès l'école et l'université
Contenu standard Ad hoc : adaptée aux profils et aux secteurs des jeunes entrepreneurs marocains
Apprendre sur l'entrepreneuriat Apprendre par l'action : projets réels, stages en start-up, échecs analysés
  • Ce que l'éducation entrepreneuriale doit contenir : détection et validation d'une opportunité (lean startup, produit minimum viable), éducation financière (préconisée par la SFI), droit des sociétés et fiscalité marocaine, vente et négociation, travail en équipe.
  • Mindset « ouvert, imaginaire, libre et porteur » : savoir pivoter, accepter l'échec comme apprentissage, raisonner à partir des moyens disponibles (logique de l'effectuation de Sarasvathy) plutôt que d'attendre un plan parfait.
C. Les relais de cette éducation au Maroc
  • Université : modules et masters spécialisés (comme celui auquel vous candidatez), clubs et concours de projets, incubateurs universitaires.
  • Écosystème : incubateurs, accélérateurs et technoparcs, associations comme INJAZ Al-Maghrib dans les établissements scolaires, programmes d'accompagnement associés à Intelaka et Forsa.
  • Mentorat par des entrepreneurs expérimentés : il transmet des compétences tacites qu'aucun cours n'apprend.
D. Synthèse : deux leviers complémentaires
  • Financement sans éducation : risque de gaspillage, de surendettement et d'échec rapide (leçon des anciens programmes de crédits aux jeunes promoteurs).
  • Éducation sans financement : de bons projets qui ne démarrent jamais.
  • Le bon dispositif couple les deux : conditionner l'accès à certains financements à un parcours d'accompagnement, et financer par étapes (jalons) au fur et à mesure que l'entrepreneur démontre ses compétences.

Conclusion

  • Bilan : le Maroc dispose d'une offre de financement abondante mais mal répartie (trop peu de fonds propres en amorçage) et de porteurs de projets insuffisamment préparés ; le démarrage réussit quand le financement adapté à chaque étape rencontre un entrepreneur formé et doté d'un état d'esprit entrepreneurial.
  • Ouverture : la réussite dépend aussi de l'environnement institutionnel (délais de paiement, simplification administrative, traitement des difficultés de l'entreprise réformé par la loi 73-17) ; on peut aussi s'interroger sur la place d'une culture qui accepte l'échec et la « seconde chance ».

Pièges à éviter : réciter la liste des programmes sans l'analyser ; oublier la moitié « éducation » ; confondre formation et éducation ; parler de la PME installée plutôt que de la phase de démarrage ; inventer des chiffres (le texte n'en donne aucun, n'en citez que si vous en êtes sûr).

Question 2 — Le concept d'« entrepreneuriat »

Réponse attendue en une quinzaine de lignes : une définition, les approches qui l'éclairent, puis votre lecture personnelle.

  • Définition : l'entrepreneuriat est le processus par lequel une personne ou une équipe repère une opportunité, mobilise des ressources (financières, humaines, techniques) et crée une organisation pour l'exploiter, en assumant le risque et l'incertitude, afin de créer de la valeur économique ou sociale.
  • Trois approches :
    1. Fonctionnelle (économistes) : l'entrepreneur est celui qui innove (Schumpeter, « destruction créatrice »), qui supporte l'incertitude (Knight) ou qui repère les opportunités que les autres ne voient pas (Kirzner).
    2. Centrée sur l'individu : traits et intentions de l'entrepreneur (besoin d'accomplissement, goût du risque, autonomie ; intention d'entreprendre selon Ajzen).
    3. Processuelle : l'entrepreneuriat est l'acte de créer une organisation (Gartner) ou l'étude de la manière dont les opportunités sont découvertes, évaluées et exploitées (Shane et Venkataraman, 2000).
  • Ce que l'entrepreneuriat n'est pas seulement : la création d'entreprise. Il couvre aussi la reprise d'entreprise, l'intrapreneuriat (innover au sein d'une organisation existante), l'entrepreneuriat social (coopératives, économie sociale et solidaire) et l'auto-entrepreneuriat.
  • Distinction avec le management : l'entrepreneur crée et transforme dans l'incertitude ; le manager organise et optimise une activité existante. Une start-up a besoin des deux, successivement.
  • Lecture personnelle (à adapter) : pour moi, l'entrepreneuriat est avant tout un état d'esprit (initiative, créativité, responsabilité) mis au service d'un projet concret ; au Maroc, c'est aussi un levier d'emploi des jeunes et d'innovation, ce qui explique les programmes publics évoqués en question 1.

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