Concours d'accès au Master

Entrepreneuriat et ingénierie de projets innovants et durables (EIPID)

FSJES Dhar El MahrazFès2024Difficulté2/5Corrigé disponible

Matières : Entrepreneuriat, Développement Durable, RSE

Énoncé

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales

Concours d'accès au Master : Entrepreneuriat et ingénierie de projets innovants et durables (EIPID) — Année universitaire 2024-2025

« Examen écrit » — Dissertation, un sujet au choix

Traitez au choix l'un des deux sujets suivants :


Sujet 1 :

Analysez le rôle de l'entrepreneuriat dans l'économie marocaine, en tenant compte des dispositifs nationaux de promotion et des principaux défis auxquels il fait face ?


Sujet 2 :

Analysez les défis et les opportunités liés à l'intégration de pratiques durables dans le fonctionnement des entreprises ?

Sujet original scanné

Extrait scanné — FSJES Dhar El Mahraz 2024

Corrigé

Afficher le corrigéMasquer le corrigéEssaie d'abord de traiter le sujet en conditions réelles.
Corrigé indicatif (relecture humaine non garantie) — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser.

Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES Fès. Le sujet ne donne ni durée ni barème. Pour chacun des deux sujets au choix, voici un plan détaillé à rédiger sur la copie, avec des exemples marocains à mobiliser.

Méthode

Un seul sujet à traiter : choisissez celui pour lequel vous avez le plus d'exemples précis (lois, programmes, chiffres sûrs). Les deux sujets demandent d'« analyser » : il ne suffit pas de décrire, il faut montrer des mécanismes (pourquoi, comment, avec quelles limites) et conclure par des propositions. Consacrez environ 15 minutes au brouillon : définitions, problématique, plan en deux ou trois parties équilibrées.


Sujet 1 — Le rôle de l'entrepreneuriat dans l'économie marocaine

Introduction

Accroche. Les très petites, petites et moyennes entreprises représentent l'immense majorité des entreprises marocaines. Pourtant, une grande partie de l'emploi reste informel, et le chômage des jeunes diplômés demeure élevé.

Définitions. L'entrepreneuriat est le processus par lequel un individu identifie une opportunité, mobilise des ressources et crée une activité nouvelle en assumant un risque. Schumpeter fait de l'entrepreneur l'agent de l'innovation et de la « destruction créatrice ».

Problématique. Dans quelle mesure l'entrepreneuriat contribue-t-il à la croissance et à l'emploi au Maroc, et pourquoi les nombreux dispositifs publics de promotion ne suffisent-ils pas à lever les freins qu'il rencontre ?

Annonce du plan. I. Un rôle économique et social central, soutenu par une batterie de dispositifs. II. Des défis persistants qui appellent une nouvelle génération de politiques.

I. Un rôle central, soutenu par de nombreux dispositifs publics

A. Le rôle de l'entrepreneuriat dans l'économie

  • Création d'emplois et d'auto-emploi, réponse au chômage des jeunes et des diplômés.
  • Création de richesse et diversification du tissu productif (industrie, services, numérique, agro-industrie).
  • Innovation : startups technologiques, nouveaux modèles d'affaires, appui à la transformation digitale.
  • Inclusion et territoires : entrepreneuriat féminin, coopératives, développement des régions éloignées des grands pôles.
  • Formalisation de l'économie informelle : élargissement de l'assiette fiscale et accès des travailleurs à la protection sociale.

B. Les dispositifs nationaux de promotion

  • Statuts simplifiés : statut de l'auto-entrepreneur (loi 114-13), création d'entreprise en ligne, simplification de la SARL.
  • Financement et garantie : programme Intelaka (2020), prêts à taux réduit pour les jeunes porteurs de projets et les TPE ; garanties de Tamwilcom (ex-Caisse centrale de garantie) ; programme Forsa (2022), formation, accompagnement et prêt d'honneur.
  • Accompagnement et soutien : agence Maroc PME (programmes d'appui à la croissance et à la modernisation), centres régionaux d'investissement réformés (loi 47-18), incubateurs universitaires, Technopark.
  • Investissement : Charte de l'investissement (loi-cadre 03-22), avec un dispositif de soutien spécifique aux TPME.
  • Commande publique et paiement : part des marchés publics réservée aux TPE/PME, coopératives et auto-entrepreneurs ; loi 69-21 sur les délais de paiement (sanctions en cas de retard).
  • Inclusion : axe « inclusion économique des jeunes » de l'INDH, appui aux coopératives.

II. Des défis persistants

A. Les principaux freins

  • Accès au financement : exigences de garanties, frilosité bancaire envers les jeunes entreprises, faible capital-risque en phase d'amorçage.
  • Délais de paiement : ils fragilisent la trésorerie des TPE et sont une cause majeure de défaillances, d'où la réforme de 2021-2023.
  • Concurrence de l'informel : coûts fiscaux et sociaux qui dissuadent la formalisation.
  • Compétences : déficit de culture entrepreneuriale et de formation à la gestion, taux d'échec élevé dans les premières années.
  • Environnement administratif : complexité des procédures, accès au foncier, lenteur de la justice commerciale.
  • Inégalités : faible entrepreneuriat féminin, concentration des projets sur l'axe Casablanca-Rabat-Tanger.
  • Dispersion des dispositifs : programmes nombreux, peu coordonnés et mal connus des porteurs de projets.

B. Les pistes pour un entrepreneuriat plus performant

  • Coordonner et évaluer les dispositifs : guichet unique régional, suivi des entreprises aidées après 3 à 5 ans.
  • Accompagner après la création : mentorat, accès aux marchés, appui à l'export et à la digitalisation.
  • Développer le financement : capital-risque, financement participatif (loi 15-18 sur le crowdfunding), finance participative.
  • Enseigner l'entrepreneuriat dès l'université : statut de l'étudiant-entrepreneur, incubateurs, projets tutorés.
  • Faire respecter les délais de paiement, publics comme privés.

Conclusion

Bilan. L'entrepreneuriat est un levier reconnu de croissance, d'emploi et d'inclusion, et l'État a multiplié les dispositifs pour le soutenir. Son impact reste limité par le financement, l'informel, les délais de paiement et le manque d'accompagnement après la création.

Ouverture. Le Nouveau Modèle de Développement mise sur un tissu de PME innovantes et compétitives. La prochaine étape est d'évaluer les dispositifs existants et de favoriser un entrepreneuriat innovant et durable, ce qui rejoint l'objet même du master EIPID.


Sujet 2 — Défis et opportunités de l'intégration de pratiques durables dans les entreprises

Introduction

Accroche. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne, premier partenaire commercial du Maroc, entre dans sa phase définitive en 2026. Les exportateurs marocains doivent désormais mesurer et réduire l'empreinte carbone de leurs produits.

Définitions.

  • Les pratiques durables sont les choix de gestion qui intègrent, en plus de la performance économique, les dimensions environnementale et sociale : c'est la logique de la « triple performance » ou triple bottom line d'Elkington (1997).
  • Elles se rattachent à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), définie par la norme ISO 26000, et aux critères ESG (environnement, social, gouvernance) utilisés par les investisseurs.

Problématique. L'intégration de pratiques durables est-elle une contrainte coûteuse pour les entreprises, ou une source d'avantage concurrentiel ?

Annonce du plan. I. Des défis réels, surtout pour les PME. II. Des opportunités qui font de la durabilité un levier de compétitivité.

I. Les défis de l'intégration de pratiques durables

A. Des défis économiques et financiers

  • Coûts d'investissement élevés (efficacité énergétique, traitement des déchets et des eaux, énergies renouvelables) pour un rendement de long terme.
  • Difficulté d'accès au financement vert pour les PME, faute de garanties ou de projets bien montés.
  • Arbitrage court terme / long terme : pression sur les marges et la trésorerie.

B. Des défis organisationnels et humains

  • Manque de compétences (mesure de l'empreinte carbone, reporting extra-financier, écoconception).
  • Résistance au changement et culture d'entreprise centrée sur le profit immédiat.
  • Mesure et reporting complexes : indicateurs, collecte de données sur toute la chaîne de valeur, audit.
  • Risque d'écoblanchiment (greenwashing) : une communication sans action réelle détruit la crédibilité.

C. Des défis réglementaires et de marché

  • Exigences croissantes des clients et partenaires étrangers : normes européennes, devoir de vigilance, ajustement carbone aux frontières.
  • Cadre national en construction : loi-cadre 99-12 portant charte nationale de l'environnement et du développement durable, Stratégie nationale de développement durable, obligations de reporting ESG pour les sociétés faisant appel public à l'épargne (circulaire de l'AMMC).

II. Les opportunités de la durabilité

A. Des gains économiques directs

  • Réduction des coûts : économies d'énergie, d'eau et de matières, valorisation des déchets (économie circulaire).
  • Autoproduction d'énergie renouvelable facilitée par la loi 82-21.
  • Innovation : nouveaux produits et services verts, écoconception.

B. Un avantage concurrentiel et d'image

  • Accès aux marchés exigeants (Europe, grands donneurs d'ordre) et aux appels d'offres qui intègrent des critères environnementaux.
  • Image et réputation : label RSE de la CGEM, fidélisation des clients, attractivité pour les talents.
  • Financement : obligations vertes à la Bourse de Casablanca, lignes de crédit vertes des banques et des bailleurs internationaux, intérêt des investisseurs pour les critères ESG.

C. Une meilleure gestion des risques et une contribution aux objectifs nationaux

  • Anticipation des risques climatiques (stress hydrique, sécheresse) et réglementaires.
  • Contribution aux engagements du Maroc : développement des énergies renouvelables, transition vers une économie bas carbone.
  • Relations apaisées avec les parties prenantes : salariés, riverains, collectivités territoriales.

Conditions de réussite. Inscrire la durabilité dans la stratégie et pas seulement dans la communication. Commencer par les gains rapides (énergie, déchets). Former les équipes. Mesurer avec des indicateurs. S'appuyer sur les programmes publics d'accompagnement.

Conclusion

Bilan. Les pratiques durables représentent un coût et un effort d'organisation, surtout pour les PME. Elles deviennent cependant une condition d'accès aux marchés et aux financements et une source d'économies et d'innovation : la contrainte se transforme en avantage concurrentiel pour les entreprises qui anticipent.

Ouverture. Le défi est désormais d'accompagner les PME (financement, formation, outils de mesure simples) pour que la transition durable ne profite pas seulement aux grandes entreprises exportatrices.

Concours similaires