Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de l'ENCG Fès. Nous proposons un plan détaillé pour chacun des deux sujets, avec des références arrêtées à la date du concours (2017).
Méthode
Un seul sujet à traiter en 2 heures, mais le plan détaillé est obligatoire avant la dissertation : il sera noté. Prévoyez 25 minutes pour le plan (problématique, parties, sous-parties, exemples), 1 h 25 de rédaction et 10 minutes de relecture. Choisissez le sujet sur lequel vous avez le plus de chiffres et d'exemples précis.
Sujet 1 — Climat de l'investissement et attractivité du Maroc pour les IDE
Introduction
- Définitions : l'investissement direct étranger (IDE) est la prise de participation durable d'une entreprise étrangère dans une entreprise marocaine (au moins 10 % du capital) ou la création d'une filiale. Le climat de l'investissement désigne l'ensemble des conditions institutionnelles, réglementaires, économiques et sociales dans lesquelles les entreprises investissent ; l'attractivité est la capacité d'un territoire à attirer et retenir ces investissements.
- Problématique : quels atouts expliquent l'attractivité croissante du Maroc pour les IDE, et quels obstacles limitent encore leurs effets ?
- Plan : I. Un climat de l'investissement amélioré, qui attire les IDE ; II. Des limites qui freinent l'attractivité et les retombées.
I. Les atouts du Maroc
- Stabilité et position géographique : stabilité politique et macroéconomique, proximité de l'Europe, porte d'entrée vers l'Afrique.
- Ouverture commerciale : accords de libre-échange (Union européenne, États-Unis, Turquie, accord d'Agadir), accès préférentiel à des marchés importants.
- Infrastructures : port de Tanger Med, autoroutes, TGV en construction, zones franches et plateformes industrielles intégrées (Tanger Automotive City, Atlantic Free Zone de Kénitra).
- Réformes et incitations : charte de l'investissement (1995), centres régionaux d'investissement (2002), Agence marocaine de développement des investissements, Plan d'accélération industrielle 2014-2020 et ses écosystèmes, Casablanca Finance City, progression dans le classement Doing Business.
- Résultats : implantations de Renault (Tanger, Somaca), PSA (Kénitra), Boeing, Bombardier ; montée des IDE dans l'automobile, l'aéronautique, l'offshoring et les énergies renouvelables.
II. Les limites
- Capital humain : pénurie de compétences techniques, inadéquation formation-emploi.
- Environnement des affaires : lenteurs administratives, justice commerciale, foncier industriel, corruption perçue, délais de paiement.
- Coûts : énergie, logistique intérieure.
- Retombées limitées : IDE concentrés géographiquement (axe Tanger-Casablanca) et sectoriellement ; faible intégration locale et faible transfert de technologie ; rapatriement des dividendes.
- Concurrence d'autres pays (Europe de l'Est, Turquie, Asie).
Pistes : réforme de la charte de l'investissement, formation, régionalisation, compensation industrielle, intégration des fournisseurs locaux.
Conclusion : le Maroc a nettement amélioré son attractivité, mais l'enjeu est désormais la qualité des IDE : intégration locale, emplois qualifiés et diffusion vers les régions.
Sujet 2 — Les problèmes structurels de l'économie marocaine
Introduction
- Définition : un problème structurel tient à l'organisation durable de l'économie (secteurs, institutions, compétences), par opposition aux difficultés conjoncturelles liées à une mauvaise année ou à une crise passagère.
- Problématique : pourquoi, malgré un effort d'investissement important, la croissance marocaine reste-t-elle modérée, irrégulière et peu créatrice d'emplois ?
- Plan : I. Les déséquilibres de la structure productive ; II. Les déséquilibres sociaux, financiers et territoriaux ; III. Les réformes engagées.
I. Une structure productive déséquilibrée
- Dépendance à l'agriculture et à la pluviométrie : la croissance du PIB varie fortement selon les campagnes agricoles.
- Industrialisation insuffisante : part de l'industrie dans le PIB stagnante, faible productivité, économie peu diversifiée.
- Faible rendement de l'investissement : taux d'investissement élevé (plus de 30 % du PIB) pour une croissance d'environ 3 à 4 %.
- Poids de l'informel et domination des TPE.
II. Des déséquilibres sociaux, financiers et territoriaux
- Emploi : chômage élevé des jeunes urbains et des diplômés, faible taux d'activité des femmes.
- Capital humain : qualité de l'enseignement, analphabétisme encore important.
- Déséquilibres extérieurs : déficit commercial chronique, dépendance énergétique, sensibilité aux cours du pétrole et aux transferts des Marocains résidant à l'étranger.
- Finances publiques : poids de la compensation (réformée à partir de 2013-2015), endettement.
- Inégalités sociales et territoriales (monde rural, régions enclavées).
III. Les réformes engagées
- Stratégies sectorielles : Plan Maroc Vert, Plan d'accélération industrielle, Vision 2020 du tourisme, plan solaire Noor.
- Réforme de la compensation, régionalisation avancée, INDH, réforme de l'éducation (Vision stratégique 2015-2030).
- Ouverture vers l'Afrique.
Conclusion : les problèmes structurels exigent des réformes de long terme (capital humain, productivité, diversification) dont les effets ne sont visibles qu'après plusieurs années.