Concours d'accès au Master en droit

Études internationales

FSJES Mohammedia2014Difficulté4/5Corrigé disponible

Sujet officiel du concours de la FSJES Mohammedia, session 2014.

Matières : Relations internationales, Géopolitique

Énoncé

Master Etudes Internationales
FSJES. Mohammedia
Examen écrit de sélection
15/10/2014 Mercredi

Traiter en 2h l'un des deux sujets

Sujet 1

« Quand on parle de l'Afrique, on a trop souvent en tête de terribles images de guerres civiles, de conflits armés, de dictateurs corrompus, de terrorisme religieux, de famines, de pauvreté extrême, de sous-développement ou d'épidémies virulentes comme celle du virus d'Ebola qui pourrait faire 1,4 million de morts en Afrique de l'Ouest d'ici 2015, si l'on en croit des épidémiologistes. Les maux de l'Afrique n'en cessent de se multiplier et se diversifier. Chaque pays est traversé par des crises qui fragilisent des couches sociales énormes en contrepartie de l'enrichissement sans cause de petites minorités inféodées aux forces de l'économie de marché capitaliste. Tous ces phénomènes accroissent les risques d'instabilités politiques et poussent vers la recrudescence du phénomène de migration subsaharienne vers l'Afrique du Nord et l'Union Européenne.

Par ailleurs, l'Afrique n'est pas homogène. Il y a une autre Afrique. Celle qui a enregistré une croissance économique moyenne de 5 % par année depuis 2000 jusqu'à nos jours. Celle qui renferme 10 % du pétrole au monde, 40 % de son or, 80 % du chrome et 90 % du platine. Et c'est parce qu'elle représente d'alléchantes perspectives de développements commerciaux et un marché dynamique à très fort potentiel, et qu'elle regorge des matières premières dont tant de pays ont besoin, que cette Afrique reste toujours objet de convoitise entre les grandes puissances du monde.

France-Afrique, Europe-Afrique, Chine-Afrique, Japon-Afrique, Amérique du Sud-Afrique et, maintenant, États-Unis - Afrique ! Depuis la fin des années 2000, anciennes et nouvelles puissances voient le continent d'un autre œil. Un continent longtemps laissé à l'abandon ou entre les mains de petits potentats au service de leurs anciens colonisateurs, est aujourd'hui devenu incontournable dans les relations internationales.

Or, en politique, il n'est guère question de philanthropie ou d'altruisme. Chacun défend avant tout ses propres intérêts. L'Afrique, en dépit de sa position de continent fragile et fragilisé, soumis et dominé, champ et théâtre de violences, de maladies, de dictatures, de migrations et de sous-développement….doit avoir une place d'acteur actif sur l'échiquier international. »

A la lumière de ce texte, essayer d'expliquer les enjeux géopolitiques liés aux intérêts des grandes puissances dans ce continent.

Sujet 2

« Depuis la fin des deux guerres mondiales de 1914/1918 et de 1939/1945, la région du proche et moyen orient n'a pas cessé de connaître des guerres sanglantes dont les enjeux géopolitiques et géostratégiques se sont élaborés dans les capitales des grandes puissances étatiques telles Washington, Moscou, Paris, Berlin, Londres, Pékin…outre, la crise du conflit israélo-palestinien, ces puissances interviennent pour retracer la carte géopolitique de la région et pour assurer l'approvisionnement de l'économie de ces pays de la ressource du pétrole. »

A la lumière de ce texte, essayer d'analyser les situations géopolitiques de la région eu égards des derniers événements que connaissent l'Irak et la Syrie.

Corrigé

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Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES de Mohammedia. Le candidat traite un seul sujet : voici un plan détaillé pour chacun, à replacer en octobre 2014.

Sujet 1 : l'Afrique, enjeu des grandes puissances

Introduction

  • Accroche : le texte oppose deux Afriques : celle des crises (Ebola, guerres civiles, migrations) et celle de la croissance et des matières premières.
  • Problématique : l'intérêt renouvelé des puissances pour l'Afrique en fait-il un acteur des relations internationales ou un nouvel objet de compétition ?
  • Plan : I. Une Afrique convoitée. II. Une Afrique qui cherche à devenir acteur.

I. Une Afrique convoitée

  • Ressources : hydrocarbures (golfe de Guinée), minerais, terres agricoles ; marchés en croissance démographique.
  • Rivalités : anciennes puissances (France : interventions au Mali en 2013, Centrafrique ; Royaume-Uni), nouvelles puissances (Chine : infrastructures contre ressources ; Inde, Turquie, Japon, Brésil), États-Unis (AFRICOM, sommet États-Unis - Afrique d'août 2014).
  • Enjeux sécuritaires : terrorisme au Sahel, piraterie, migrations vers l'Europe.

II. Une Afrique qui cherche à devenir acteur

  • Organisations régionales : Union africaine, CEDEAO, opérations de maintien de la paix.
  • Diversification des partenaires : les États africains jouent de la concurrence entre puissances.
  • Le Maroc : coopération Sud-Sud, investissements bancaires et de télécommunications, formation des imams ; alors hors de l'Union africaine (retour en 2017).
  • Limites : dépendance aux matières premières, fragilité des États, endettement.

Conclusion

L'Afrique reste un enjeu, mais sa capacité à imposer ses intérêts dépend de son intégration régionale et de la qualité de sa gouvernance.

Sujet 2 : le Proche et le Moyen-Orient au regard de l'Irak et de la Syrie

Introduction

  • Contexte d'octobre 2014 : proclamation du « califat » de l'organisation État islamique (juin 2014) sur une partie de l'Irak et de la Syrie, coalition internationale de frappes aériennes (août-septembre 2014), guerre civile syrienne depuis 2011.
  • Problématique : les crises irakienne et syrienne remettent-elles en cause la carte héritée des deux guerres mondiales ?
  • Plan : I. Des crises nées d'héritages et d'interventions. II. Une recomposition géopolitique.

I. Héritages et interventions

  • Frontières issues de Sykes-Picot (1916) et des mandats, États multiconfessionnels fragiles.
  • Intervention américaine en Irak (2003), démantèlement de l'État, tensions entre sunnites et chiites.
  • Printemps arabe et répression en Syrie (2011), militarisation du conflit.

II. Une recomposition

  • Acteurs non étatiques : organisation État islamique, groupes armés, Kurdes (autonomie de fait).
  • Puissances régionales : Iran et Arabie saoudite, Turquie, Israël ; rivalités confessionnelles et énergétiques.
  • Grandes puissances : États-Unis et coalition, Russie soutien du régime syrien (droit de veto au Conseil de sécurité), paralysie onusienne.
  • Conséquences : crise humanitaire et réfugiés, menace terroriste exportée, question kurde.

Conclusion

Les guerres d'Irak et de Syrie montrent la fragilité des États de la région et la concurrence des puissances ; elles ouvrent une période de recomposition dont l'issue reste incertaine.

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