Université Hassan II de Casablanca — Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia
Examen d'accès au Master : Développement économique et ingénierie des programmes (DEIP) — Promotion 2018-2019 — Durée : 2 heures
Répondre à toutes les questions.
1. Lorsqu'il y a récession, les gouvernements se proposent d'injecter le pouvoir d'achat dans l'économie en usant de dépenses publiques pour relancer la croissance. Deux limites se posent à cette politique économique, une limite interne (l'inflation) et une limite externe (le déficit de la balance des paiements).
2. « L'organisation privée et l'organisation publique ont des modes de gestion très différents, l'exacerbation de la concurrence rend l'État entrepreneur de plus en plus inefficace vis-à-vis d'un secteur privé plus performant et dynamique sur le marché, ce qui explique en grande partie la cause de la déficience de productivité du secteur public par rapport au privé. Par ailleurs, l'introduction des techniques modernes de management dans la gestion des services publics constitue une révolution dans la gouvernance de la chose publique surtout compte tenu des améliorations à apporter à ces services » Extrait...
3. Répondre très brièvement à cette série de questions :
Corrigé rédigé à partir du programme standard du module (analyse économique, économie du développement et management public) et d'un raisonnement structuré — aucune grille de correction officielle disponible pour ce sujet.
1.a. Les deux limites de la relance budgétaire
1.b. Intégration régionale et limite externe
Commercer avec des pays voisins dans le cadre d'une union régionale limite l'effet du déficit externe car les importations supplémentaires restent en partie « internes » à la zone (moins de sortie de devises fortes, possibilité de compensation via les excédents d'autres partenaires de la zone, effets d'entraînement mutuels de la relance).
1.c. Dette et aggravation de la limite externe
Un pays endetté en devises doit consacrer une partie croissante de ses recettes d'exportation au service de la dette (intérêts + principal), ce qui réduit d'autant les devises disponibles pour financer les importations issues de la relance, aggravant le déficit externe et pouvant déclencher une crise de change.
1.d. Le paradoxe des pays très endettés
Certains pays très endettés continuent la relance sans subir immédiatement la limite externe lorsqu'ils bénéficient d'un afflux de capitaux extérieurs (aide internationale, réendettement, investissements directs étrangers) qui finance le déficit courant — la limite externe est alors reportée dans le temps plutôt que supprimée (ex. : de nombreux pays en développement ont financé des plans de relance par un nouvel endettement extérieur, reportant l'ajustement).
2.a. Management privé vs management public
Le management privé est orienté vers la rentabilité, la réactivité concurrentielle et la prise de risque ; le management public doit concilier performance, égalité de traitement des usagers, contraintes budgétaires et juridiques (marchés publics, statut de la fonction publique), ce qui le rend structurellement plus lent et moins souple.
2.b. Nécessité du management dans le secteur public
Face à la rareté des ressources publiques et à l'exigence croissante de qualité de service, les outils de management (pilotage par objectifs, indicateurs de performance, gestion de projet) permettent d'améliorer l'efficacité et l'efficience de l'action publique sans dénaturer sa mission de service public.
2.c. Difficultés
Résistance au changement des agents, rigidités statutaires et budgétaires, difficulté à mesurer la « performance » d'un service non marchand, tension entre logique gestionnaire et logique d'intérêt général.
2.d. Lien management public / gouvernance
Le management public est un levier opérationnel de la gouvernance : la gouvernance fixe les règles, la transparence et la reddition de comptes ; le management public en est la mise en œuvre concrète (efficacité, pilotage par la donnée, qualité du service rendu au citoyen).
3.a. Ressources naturelles et surévaluation du taux de change (« syndrome hollandais »)
Un afflux massif de devises tiré par l'exportation de ressources naturelles apprécie le taux de change réel, ce qui renchérit les autres secteurs exportateurs (industrie, agriculture) et les rend moins compétitifs à l'international — conséquence : désindustrialisation relative et dépendance accrue à la rente des ressources naturelles.
3.b. Mobilité internationale des capitaux et développement
Effet ambivalent : elle peut financer l'investissement et le transfert de technologie (effet positif), mais aussi engendrer une volatilité financière et des sorties brutales de capitaux (« sudden stops ») déstabilisatrices pour les économies en développement.
3.c. De la crise financière à la crise économique : canaux de transmission
Contraction du crédit bancaire → baisse de l'investissement et de la consommation ; effet de richesse négatif (chute des actifs financiers et immobiliers) ; contagion internationale par les marchés financiers et le commerce extérieur ; hausse du chômage qui amplifie la baisse de la demande globale.
3.d. Développement économique et développement durable : compatibilité
Les deux notions sont compatibles à condition que la croissance intègre les contraintes environnementales et sociales (croissance « verte », inclusive) ; elles peuvent entrer en tension à court terme lorsque la croissance repose sur une exploitation non soutenable des ressources naturelles.
