Université Mohammed V de Rabat — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Souissi
Test d'admission au Master ESMA — Année Universitaire 2017-2018 Durée : 2 heures — N.B. : Chaque partie doit être traitée sur une feuille séparée.
Supposons que l'économie du Maroc comprend une entreprise représentative dont la fonction de production est donnée par : y = f(N) = 2N - (1/2)N², sachant que N est la taille de l'emploi.
La production d'un bien A est possible grâce à une technologie ayant pour fonction de coût total : C(q) = 50 + q², où q est la quantité offerte par une entreprise. La demande du bien A est donnée par : P(Q) = 40 - Q où Q est la quantité offerte par la branche.
Exercice 1 : Soit X une variable aléatoire, et X₁, X₂, X₃ sont des variables aléatoires représentant un échantillon de X qui sont de même loi que X et qui sont indépendantes deux à deux. Pour l'estimation de la moyenne m de X, on utilise la fonction suivante : Y = 0,6×X₁ + 0,1×X₂ + α×X₃ avec α ∈ ℝ.
Exercice 2 : Soit Y une série chronologique, les données de cette série sur quatre trimestres et sur deux années, sont représentées dans le tableau ci-dessous :
| Trimestre1 | Trimestre2 | Trimestre3 | Trimestre4 | |
|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 0,5 | 1 | 0,6 | 1,5 |
| Année 2 | 1,1 | 2 | 1,3 | 2,5 |
Le modèle de cette série est supposé additif : Yₜ = Cₜ + Sᵢ + Eₜ, avec Cₜ = 0,25t + 0,25.
Exercice 1 (08 points) : Montrer que l'ensemble E = {(x, y, z) / z = 0} est un sous-espace vectoriel de ℝ³ ?
Exercice 2 (12 points) : Soit f la fonction de deux variables définie par : f(x, y) = xy(1 - x - y)
Corrigé avec calculs détaillés.
1) Profit : Π = P·y - W·N = P·(2N - N²/2) - W·N
2) Demande de travail : condition du premier ordre dΠ/dN = P(2-N) - W = 0 ⟹ N = 2 - W/P* (demande de travail décroissante par rapport au salaire réel w = W/P).
3) Production optimale : en posant w = W/P, N* = 2 - w : y* = 2(2-w) - (1/2)(2-w)² = (2-w)(2+w)/2 = 2 - w²/2 La production optimale est décroissante par rapport au salaire réel.
4) Équilibre du marché du travail : l'équilibre est réalisé lorsque l'offre de travail égalise la demande de travail : Nᵈ = Nˢ. 2 - w = w ⟹ w = W/P = 1* (salaire réel d'équilibre), N* = 1.
5) À l'équilibre général (N=1, w=1) :
1) Court terme / long terme : au court terme, l'entreprise dispose d'au moins un facteur fixe (capacités, coûts fixes) et peut rester en activité même en perte tant que P ≥ coût variable moyen minimum. Au long terme, tous les facteurs sont variables, il n'y a plus de coûts fixes irrécupérables, et la libre entrée/sortie ramène le profit à zéro.
2) Équilibre concurrentiel de long terme : AC(q) = 50/q + q ; Cm(q) = 2q. Le long terme impose AC = Cm : 50/q + q = 2q ⟹ q² = 50 ⟹ q* = 5√2 ≈ 7,07 Prix d'équilibre : P* = Cm(q*) = 2q* = 10√2 ≈ 14,14 Demande globale : Q* = 40 - P* ≈ 25,86
3) Équilibre de monopole : Recette totale R(Q) = (40-Q)Q = 40Q - Q² ; Rm = 40-2Q ; Cm = 2Q. Rm = Cm ⟹ 40-2Q = 2Q ⟹ Qm = 10, Pm = 30. Profit du monopole = R - C = (40×10-10²) - (50+10²) = 300 - 150 = 150.
4) Surplus en concurrence de long terme : en utilisant P = 40 - Q, on montre que Surplus consommateur CS = Q*²/2 ≈ (25,86)²/2 ≈ 334,3 Profit total (surplus producteur net) ≈ 0 (libre entrée, profit nul au LT). Surplus net total ≈ 334,3
5) Surplus en situation de monopole : CS(monopole) = 0,5×(40-Pm)×Qm = 0,5×10×10 = 50 Recette totale - coût variable (surplus producteur) = 400-100 = 300 ; profit net = 300-50 = 150 Surplus net total (monopole) = 50+150 = 200 (nettement inférieur aux 334,3 de la concurrence).
6) Comparaison et conclusion : le monopole génère une perte sèche de bien-être (200 < 334,3) : il restreint la quantité et fixe un prix supérieur au coût marginal, ce qui est inefficace au sens de Pareto. Le monopole ne peut être préférable que dans des cas particuliers : monopole naturel avec économies d'échelle importantes (coûts moyens décroissants, la concurrence serait non soutenable), nécessité de financer la R&D et l'innovation grâce aux rentes de monopole (thèse schumpétérienne), ou lorsque le monopole est régulé (prix plafonné au coût marginal) tout en bénéficiant des économies d'échelle.
Exercice 1 : E(Y) = (0,6+0,1+α)·m. Y est un estimateur sans biais si et seulement si 0,6+0,1+α = 1, soit α = 0,3. Donc Y est un estimateur biaisé de m si et seulement si α ≠ 0,3.
Exercice 2 : on numérote les 8 observations t = 1..8 (Année1 : T1..T4 → t=1..4 ; Année2 : T1..T4 → t=5..8). Tendance Cₜ = 0,25t+0,25 : C₁=0,5 ; C₂=0,75 ; C₃=1 ; C₄=1,25 ; C₅=1,5 ; C₆=1,75 ; C₇=2 ; C₈=2,25
Résidu saisonnier brut (Yₜ - Cₜ) : t=1 : 0,5-0,5=0 ; t=2 : 1-0,75=0,25 ; t=3 : 0,6-1=-0,4 ; t=4 : 1,5-1,25=0,25 t=5 : 1,1-1,5=-0,4 ; t=6 : 2-1,75=0,25 ; t=7 : 1,3-2=-0,7 ; t=8 : 2,5-2,25=0,25
Moyenne par trimestre : S1 = (0 + (-0,4))/2 = -0,20 S2 = (0,25 + 0,25)/2 = 0,25 S3 = (-0,4 + (-0,7))/2 = -0,55 S4 = (0,25 + 0,25)/2 = 0,25
Somme = -0,20+0,25-0,55+0,25 = -0,25 ≠ 0 (contrainte du modèle additif : Σ Sᵢ = 0). On corrige en retranchant la moyenne (-0,25/4 = -0,0625) : S1 = -0,1375 ; S2 = 0,3125 ; S3 = -0,4875 ; S4 = 0,3125 (somme = 0 ✓)
Exercice 1 : E = {(x,y,z) ∈ ℝ³ / z=0}.
Exercice 2 : f(x,y) = xy - x²y - xy²
1) f est un polynôme en (x,y), donc f est de classe C∞, en particulier C² (une fonction polynomiale est indéfiniment différentiable).
2) Points critiques : ∂f/∂x = y - 2xy - y² = y(1-2x-y) ∂f/∂y = x - x² - 2xy = x(1-x-2y) En annulant les deux dérivées partielles, on obtient 4 points critiques : (0,0) ; (1,0) ; (0,1) ; (1/3, 1/3)
3) Nature des points critiques (matrice hessienne) : f_xx = -2y ; f_yy = -2x ; f_xy = 1-2x-2y


Les épreuves portent sur : Macroéconomie, Microéconomie, Statistique, Mathématiques.
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Ce sujet est classé avec une difficulté de 4/5 sur notre échelle, à titre indicatif.