Concours d'accès au Master

Économie et Finance Participative

FSJES Dhar El MahrazFès2016Difficulté2/5Corrigé disponible

Matières : Finance d'Entreprise, Finance Participative, Probabilités

Énoncé

Université Sidi Mohamed Ben Abdellah — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Fès

Concours d'accès au Master « Économie et Finance Participative » — 2016-2017

Le sujet ne précise pas la durée de l'épreuve.

Traitez les deux épreuves suivantes :


I - Sujet : Traitez le sujet en 3 pages.

Le financement de l'entreprise marocaine : modalités, limites et perspectives.


II - Exercice : Tout résultat non justifié ne sera pas considéré.

Selon une étude faite par une entreprise sur le comportement des consommateurs, 25 % de ceux-ci sont influencés par la marque lors de l'achat des biens.

  1. Si le responsable du service de promotion interroge 100 consommateurs choisis au hasard, quelle est la probabilité pour que :
    • a. au moins 35 d'entre eux se déclarent influencés par la marque ?
    • b. le nombre de consommateurs influencés par la marque soit compris entre 35 et 45 ?
  2. Déterminez la taille de l'échantillon minimale qui permet d'avoir la probabilité de la question (a) inférieure ou égale à 1 %.

Sujet original scanné

Extrait scanné — FSJES Dhar El Mahraz 2016

Corrigé

Afficher le corrigéMasquer le corrigéEssaie d'abord de traiter le sujet en conditions réelles.
Corrigé indicatif (relecture humaine non garantie) — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser.

Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle de la FSJES Fès. La question 2 de l'exercice est ambiguë : nous la lisons comme « la proportion de consommateurs influencés atteint 35 % », seule lecture qui donne une taille minimale, et nous le signalons.

Méthode

Deux épreuves : un sujet en 3 pages et un exercice de probabilités. Comptez environ 25 minutes pour l'exercice. L'énoncé insiste : « tout résultat non justifié ne sera pas considéré ». Écrivez la loi exacte, justifiez l'approximation, puis posez le calcul.

I. Le financement de l'entreprise marocaine : modalités, limites et perspectives

Introduction : les entreprises marocaines, à plus de 90 % des TPME, doivent financer leurs investissements et leur cycle d'exploitation. Problématique : les modes de financement disponibles répondent-ils à leurs besoins, et comment les élargir ?

I. Les modalités de financement

  1. Financement interne : autofinancement (capacité d'autofinancement, mise en réserve des bénéfices), cessions d'actifs.
  2. Fonds propres externes : apports des associés, augmentation de capital, introduction en Bourse de Casablanca, capital-investissement.
  3. Endettement bancaire : crédits d'investissement et de fonctionnement (découvert, escompte, facilités de caisse), crédit-bail ; c'est le mode dominant.
  4. Financement par le marché : obligations et billets de trésorerie, réservés en pratique aux grandes entreprises.
  5. Dispositifs publics : garanties et cofinancements de la Caisse centrale de garantie (devenue Tamwilcom), programmes de Maroc PME (Imtiaz, Moussanada).

II. Les limites

  • Exigence de garanties et coût du crédit élevés pour les petites entreprises, rationnement du crédit et asymétrie d'information.
  • Délais de paiement longs, qui alourdissent les besoins de trésorerie.
  • Bourse étroite et peu accessible aux PME ; faible culture du capital-risque.
  • Sous-capitalisation, structures familiales et informalité, qui découragent les investisseurs.
  • En 2016, aucune offre bancaire conforme aux préceptes de la finance islamique, alors qu'une partie des épargnants et des entrepreneurs la demande.

III. Les perspectives

  • Finance participative : loi 103-12 (2014) sur les établissements de crédit, banques participatives agréées en 2017 ; produits mourabaha, ijara, moucharaka, moudaraba et sukuk ; intérêt pour les entrepreneurs qui refusent le crédit à intérêt.
  • Développement du capital-investissement, des compartiments boursiers dédiés aux PME et du financement collaboratif.
  • Meilleure application des délais de paiement, renforcement des garanties publiques, éducation financière.

Conclusion : diversifier les sources de financement, notamment par la finance participative, est une condition de la croissance des PME marocaines.

II. Exercice

Soit $X$ le nombre de consommateurs influencés parmi 100 : $X \sim \mathcal{B}(100 ; 0{,}25)$, avec $E(X) = 25$ et $V(X) = 100 \times 0{,}25 \times 0{,}75 = 18{,}75$, soit $\sigma = 4{,}33$.

Comme $np = 25 \geq 5$ et $n(1-p) = 75 \geq 5$, on approche $X$ par la loi normale $\mathcal{N}(25 ; 4{,}33^2)$, avec correction de continuité.

1.a Au moins 35 consommateurs influencés

$$P(X \geq 35) \approx P\left(U \geq \frac{34{,}5 - 25}{4{,}33}\right) = P(U \geq 2{,}19) = 1 - 0{,}9857 = \mathbf{0{,}0143}$$

Sans correction de continuité : $P(U \geq 2{,}31) = 0{,}0104$. Le calcul exact par la loi binomiale donne 0,0164.

1.b Entre 35 et 45

$$P(35 \leq X \leq 45) \approx P(2{,}19 \leq U \leq 4{,}73) \approx \mathbf{0{,}0143}$$

La probabilité de dépasser 45 est négligeable ($P(U > 4{,}73) \approx 0{,}000001$) : le résultat est pratiquement le même qu'à la question a.

2. Taille minimale de l'échantillon

On cherche $n$ tel que la proportion observée $F$ atteigne 35 % avec une probabilité d'au plus 1 %, avec $F \approx \mathcal{N}\left(0{,}25 ; \dfrac{0{,}25 \times 0{,}75}{n}\right)$ :

$$P(F \geq 0{,}35) \leq 0{,}01 \iff \frac{0{,}35 - 0{,}25}{\sqrt{0{,}1875/n}} \geq 2{,}33 \iff n \geq \frac{2{,}33^2 \times 0{,}1875}{0{,}10^2} = 101{,}8$$

Taille minimale : $n = 102$ consommateurs. Avec 100 personnes, la probabilité de la question 1.a (1,4 %) dépasse encore légèrement 1 %, ce qui est cohérent.

Pièges : appliquer la loi normale sans vérifier les conditions, oublier la correction de continuité, ou utiliser 1,645 (seuil unilatéral à 5 %) au lieu de 2,33.

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