Université Cadi Ayyad — Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales — Marrakech
Master Finance et Banque — Concours d'admission — Année universitaire 2024-2025
Sujet 1 : Après avoir présenté les caractéristiques du système bancaire marocain, discuter ses limites dans le financement de l'entreprise et de l'investissement.
Sujet 2 : Le développement de l'activité des banques participatives marocaines n'était pas à la hauteur des attentes. Discuter la source des faiblesses de l'activité de ces banques et proposer, à la lumière de votre analyse, quelques propositions d'améliorations futures.
Soient deux actions ayant les caractéristiques suivantes :
| Action 1 — Taux de rentabilité | Action 1 — Probabilité | Action 2 — Taux de rentabilité | Action 2 — Probabilité | |
|---|---|---|---|---|
| Scénario pessimiste | -6% | 0,2 | -10% | 0,2 |
| Scénario moyen | 10% | 0,6 | 25% | 0,6 |
| Scénario optimiste | 25% | 0,2 | 55% | 0,2 |
Une entreprise envisage de commercialiser un nouveau produit dont les coûts de développement sont de 5 millions de dirhams. Ce produit devrait rapporter 1 million de dirhams chaque année pendant 10 ans. L'entreprise devra en outre fournir un service après-vente lui coûtant 100 000 dirhams par an, à l'infini. Tous les flux sont supposés avoir lieu en fin d'année.
Corrigé rédigé à partir du programme standard des modules concernés (système financier marocain, gestion de portefeuille, mathématiques financières) et de calculs vérifiés — aucune grille de correction officielle disponible pour ce sujet.
Sujet 1 — Le système bancaire marocain : caractéristiques et limites dans le financement de l'entreprise
Sujet 2 — Les faiblesses de la finance participative marocaine et pistes d'amélioration
1. Différence action / obligation. L'action est un titre de propriété (part du capital) donnant droit à un dividende variable (selon les résultats et la politique de distribution) et à un droit de vote, sans garantie de remboursement ni de rémunération. L'obligation est un titre de créance donnant droit à un revenu fixe (coupon) et au remboursement du capital à l'échéance, sans droit de vote ; elle est en principe moins risquée qu'une action.
2. Espérances de rentabilité. $E(R_1) = -6\%\times0{,}2 + 10\%\times0{,}6 + 25\%\times0{,}2 = -1{,}2+6+5 = \mathbf{9{,}8\%}$ $E(R_2) = -10\%\times0{,}2 + 25\%\times0{,}6 + 55\%\times0{,}2 = -2+15+11 = \mathbf{24\%}$ Commentaire : l'action 2 offre une rentabilité espérée nettement supérieure à l'action 1 (24% contre 9,8%), mais présente aussi des scénarios extrêmes plus marqués (-10% à +55%, contre -6% à +25%), ce qui laisse présager un risque plus élevé — à confirmer par l'écart type.
3. Écarts types de rentabilité. $Var(R_1) = 0{,}2(-6-9{,}8)^2+0{,}6(10-9{,}8)^2+0{,}2(25-9{,}8)^2 = 0{,}2\times249{,}64+0{,}6\times0{,}04+0{,}2\times231{,}04 = 49{,}93+0{,}02+46{,}21=96{,}16$ $\sigma_1 = \sqrt{96{,}16}\approx\mathbf{9{,}81\%}$ $Var(R_2) = 0{,}2(-10-24)^2+0{,}6(25-24)^2+0{,}2(55-24)^2 = 0{,}2\times1156+0{,}6\times1+0{,}2\times961 = 231{,}2+0{,}6+192{,}2=424$ $\sigma_2 = \sqrt{424}\approx\mathbf{20{,}59\%}$ Commentaire : l'action 2 est environ deux fois plus risquée que l'action 1 (écart type de 20,59% contre 9,81%) ; sa rentabilité espérée supérieure s'accompagne donc bien d'un risque supérieur, conformément à la relation rendement-risque.
4. Coefficient de corrélation. $Cov(R_1,R_2) = 0{,}2(-15{,}8)(-34)+0{,}6(0{,}2)(1)+0{,}2(15{,}2)(31) = 107{,}44+0{,}12+94{,}24 = 201{,}8$ $\rho = \dfrac{Cov(R_1,R_2)}{\sigma_1\sigma_2} = \dfrac{201{,}8}{9{,}81\times20{,}59}\approx\mathbf{+1{,}00}$ (corrélation quasi parfaite et positive). Commentaire : les deux actions réagissent selon les 3 mêmes scénarios économiques (pessimiste/moyen/optimiste) de façon strictement proportionnelle, d'où une corrélation quasi égale à +1. Combiner ces deux actions dans un portefeuille n'offrirait donc quasiment aucun effet de diversification (le risque du portefeuille resterait proche de la moyenne pondérée des risques individuels).
5. Nouvelles caractéristiques de l'action 1 (rentabilité × 1,3). Si chaque taux de rentabilité de l'action 1 augmente de 30% (multiplication par 1,3) : pessimiste = -7,8%, moyen = 13%, optimiste = 32,5%. $E(R_1') = E(R_1)\times1{,}3 = 9{,}8\%\times1{,}3 = \mathbf{12{,}74\%}$ ; $\sigma_1' = \sigma_1\times1{,}3 \approx \mathbf{12{,}75\%}$ (l'espérance et l'écart type sont tous deux multipliés par 1,3, propriété de linéarité).
6. Taux de progression annuel moyen. $(1+g)^{10}=4 \Rightarrow g = 4^{1/10}-1 \approx \mathbf{14{,}87\%}$ par an.
7. Utilité de l'indice boursier et différence MASI / indice « 20 valeurs ». Un indice boursier mesure la performance globale (ou sectorielle) d'un marché, sert de référence (benchmark) pour évaluer la performance d'un portefeuille ou d'un gérant, sert de sous-jacent à des produits indiciels (trackers/ETF, produits dérivés) et constitue un indicateur de la conjoncture boursière suivi par les investisseurs. Le MASI (Moroccan All Shares Index) est l'indice général de la Bourse de Casablanca : il regroupe l'ensemble des valeurs cotées, pondérées par leur capitalisation flottante, et reflète donc la performance de l'ensemble du marché. Un indice restreint « 20 valeurs » (à l'image du MADEX aujourd'hui, qui regroupe les valeurs les plus liquides) ne porte, lui, que sur un nombre limité des sociétés les plus représentatives/liquides de la cote : plus réactif et plus suivi par les investisseurs à court terme, il est en revanche moins représentatif de l'ensemble du marché que le MASI. (Note : le sigle exact « MSI20 » utilisé dans l'énoncé correspond à cette logique d'indice restreint ; en l'absence de source officielle confirmant sa définition précise actuelle, cette réponse doit être prise comme une explication de principe plutôt qu'une définition certifiée.)
Flux nets : les 10 premières années, flux net = recette 1 000 000 − coût après-vente 100 000 = 900 000 DH/an ; à partir de l'année 11 et à perpétuité, flux net = −100 000 DH/an (le service après-vente continue alors que le produit ne rapporte plus rien). Investissement initial = 5 000 000 DH.
$VAN(i) = -5\,000\,000 + 900\,000\times\dfrac{1-(1+i)^{-10}}{i} - \dfrac{100\,000}{i}\times(1+i)^{-10}$
1. VAN à i = 6%. $(1{,}06)^{-10}\approx0{,}5584$ ; annuité : $900\,000\times\dfrac{1-0{,}5584}{0{,}06}=900\,000\times7{,}3601\approx6\,624\,072$ ; perpétuité actualisée : $\dfrac{100\,000}{0{,}06}\times0{,}5584\approx930\,658$. $VAN(6\%) \approx -5\,000\,000+6\,624\,072-930\,658 = \mathbf{+693\,414\ DH}$. La VAN est positive : l'entreprise doit mettre en œuvre le projet.
2. VAN à i = 2% et i = 12%.
3. TRI du projet. Comme les flux nets du projet changent de signe deux fois (positifs les 10 premières années puis négatifs à perpétuité), il s'agit d'un projet non conventionnel : la VAN n'est pas une fonction monotone du taux d'actualisation et il existe deux TRI. Le calcul (par approximations successives) donne un premier taux d'annulation de la VAN autour de ≈ 2,8% et un second autour de ≈ 10,9% — cohérent avec les résultats de la question 2 : la VAN est positive entre ces deux taux (ex. à 6%) et négative en dehors (à 2% et à 12%). Dans ce cas, le critère du TRI perd sa fiabilité usuelle (« investir si TRI > coût du capital ») puisqu'il existe deux solutions ; le critère de la VAN reste le critère de décision fiable : le projet ne doit être entrepris que si le coût du capital de l'entreprise se situe dans la fourchette où la VAN est positive (environ entre 2,8% et 10,9%), ce qui est le cas à 6% mais pas à 2% ni à 12%.
4. Effet de levier et CAF.
5. Leasing, capital investissement et crowdfunding.

Les épreuves portent sur : Système Bancaire & Finance Participative (dissertation), Gestion de Portefeuille (rentabilité, risque, corrélation), Évaluation de Projets d'Investissement (VAN, TRI, coût du capital).
Oui, un corrigé indicatif est disponible sur cette page — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser, la relecture humaine n'est pas garantie.
Oui, l'énoncé complet est consultable en ligne et téléchargeable en PDF gratuitement sur SaadConcours, sans inscription.
Ce sujet est classé avec une difficulté de 4/5 sur notre échelle, à titre indicatif.