Sujet officiel du concours national de l'enseignement (ministère de l'Éducation nationale, épreuve du CNEE), session décembre 2021.
Matières : Langue française, Compréhension de texte, Grammaire et conjugaison, Orthographe et lexique
Royaume du Maroc — Ministère de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports — Centre national de l'évaluation et des examens
Concours de recrutement des cadres des Académies : professeurs de l'enseignement primaire, spécialité bilingue — session décembre 2021
Épreuve : matières enseignées au primaire (langue arabe, langue française, mathématiques et sciences) — Matière 2 : langue française (30 points)
Durée : 3 heures — Coefficient : 3 (en-tête de l'épreuve)
Consignes et instructions aux candidates/candidats :
1. Mentionner tous les renseignements personnels demandés.
2. Répondre sur la copie de l'épreuve.
3. Pour chaque question à choix multiples (QCM), une seule réponse est correcte. Indiquez-la en cochant la case qui convient.
4. La candidate/Le candidat n'a le droit d'utiliser qu'une seule copie de l'épreuve.
5. Les ratures et l'utilisation du stylo correcteur (Blanco) sont strictement interdites.
6. L'utilisation de n'importe quel document, de téléphones mobiles, de tablettes ou de tout appareil électronique est interdite.
Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette.
Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout près de l'oreille :
– Que voulez-vous ici, mon enfant ?
Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu'il venait faire. Mme de Rênal avait répété sa question.
– Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu'il essuyait de son mieux.
Mme de Rênal resta interdite ; ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Julien n'avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d'un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s'étaient arrêtées sur les joues si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt, elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d'une jeune fille ; elle se moquait d'elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !
– Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ?
Ce mot de monsieur étonna si fort Julien qu'il réfléchit un instant.
– Oui, madame, dit-il timidement.
Mme de Rênal était si heureuse, qu'elle osa dire à Julien :
– Vous ne gronderez pas trop ces pauvres enfants ?
– Moi, les gronder, dit Julien étonné, et pourquoi ?
– N'est-ce pas, monsieur, ajouta-t-elle après un petit silence et d'une voix dont chaque instant augmentait l'émotion, vous serez bon pour eux, vous me le promettez ?
S'entendre appeler de nouveau monsieur, bien sérieusement, et par une dame si bien vêtue était au-dessus de toutes les prévisions de Julien : dans tous les châteaux en Espagne de sa jeunesse, il s'était dit qu'aucune dame comme il faut ne daignerait lui parler que quand il aurait un bel uniforme. Mme de Rênal de son côté était complètement trompée par la beauté du teint, les grands yeux noirs de Julien et ses jolis cheveux qui frisaient plus qu'à l'ordinaire, parce que pour se rafraîchir, il venait de plonger la tête dans le bassin de la fontaine publique. À sa grande joie, elle trouvait l'air timide d'une jeune fille à ce fatal précepteur, dont elle avait tant redouté pour ses enfants la dureté et le ton rébarbatif. Pour l'âme si paisible de Mme de Rênal, le contraste de ses craintes et de ce qu'elle voyait fut un grand événement.
Enfin elle revint de sa surprise. Elle fut étonnée de se trouver ainsi à la porte de sa maison avec ce jeune homme presque en chemise et si près de lui.
Stendhal, Le Rouge et le Noir, Levasseur.
1. À quel type de texte cet extrait appartient-il ? (1 pt)
2. De quel niveau de langue s'agit-il dans cet extrait ? (1 pt)
3. Parmi les titres suivants, quel est celui qui correspond au texte ? (1 pt)
4. D'après le texte, quels sentiments Julien éprouve-t-il ? (1 pt)
5. Que signifient les deux phrases suivantes ? (1 pt)
« Mme de Rênal resta interdite. Ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. »
6. Que signifie le mot « grâce » dans la phrase suivante ? (1 pt)
« Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille déguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. »
7. D'après le texte, en quoi consiste la fonction de « précepteur » ? (1 pt)
8. De quelle figure de style s'agit-il dans la phrase suivante ? (1 pt)
« Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants ! »
9. D'après la phrase suivante, quels sentiments Mme de Rênal éprouve-t-elle ? (1 pt)
« Elle fut étonnée de se trouver ainsi à la porte de sa maison avec ce jeune homme presque en chemise et si près de lui. »
10. Quelle est la nature grammaticale du mot souligné dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Bientôt, elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d'une jeune fille. »
11. De quelle proposition subordonnée s'agit-il dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin. »
12. Quelle est la fonction grammaticale de la proposition subordonnée dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. »
13. Qu'exprime la proposition subordonnée dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Ce mot de monsieur étonna si fort Julien qu'il réfléchit un instant. »
14. Quelle est la transformation négative qui correspond à la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Elle avait toujours pitié de cette pauvre créature. »
15. De quel type de discours s'agit-il dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants ! »
16. Quelle est la transformation correcte au discours indirect de la phrase suivante ? (0,75 pt)
Mme de Rênal demanda à Julien : « Que voulez-vous ? »
17. Laquelle des phrases suivantes est à la voix passive ? (0,75 pt)
18. Dans quelle proposition les mots soulignés dans la phrase suivante sont-ils pronominalisés correctement ? (0,75 pt)
« Il venait demander de l'aide à M. le maire. »
19. Avec quel pronom relatif peut-on compléter la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Mme de Rênal aperçut près de la porte d'entrée un jeune paysan …………… la figure était pâle. »
20. Laquelle des phrases suivantes contient un complément d'objet direct ? (0,5 pt)
21. À quel temps et à quel mode le verbe souligné dans la phrase suivante est-il conjugué ? (0,5 pt)
« Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s'étaient arrêtées sur les joues si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. »
22. Quel est l'infinitif du verbe souligné dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Et, brusquement, ce fut Julien qui se leva. »
23. Quelle est la forme conjuguée du verbe « venir » qui convient pour compléter la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Si Julien était riche, il ne (venir) …………………… pas chercher un emploi chez M. le maire. »
24. Quelle est la phrase qui contient un adjectif qualificatif orthographié incorrectement ? (0,5 pt)
25. Quel est le mot qui a un sens équivalent à l'infinitif du verbe souligné dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Il s'était dit qu'aucune dame comme il faut ne daignerait lui parler que quand il aurait un bel uniforme. »
26. Quel est l'antonyme du mot « pâle » ? (0,5 pt)
27. Quel est le synonyme du mot « pitié » ? (0,5 pt)
28. Quel est le mot qui convient pour compléter la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Julien salua Mme de Rênal d'une légère …………………… de la tête. »
29. Parmi les homonymes grammaticaux ci-dessous, quel est celui qui convient pour compléter la phrase suivante ? (0,5 pt)
« …………… vos soucis, vivez toujours avec sourire, enthousiasme et joie. »
30. Parmi les noms composés suivants, quel est celui qui est écrit correctement au pluriel ? (0,5 pt)
31. Laquelle des phrases suivantes contient un adjectif numéral orthographié incorrectement ? (0,5 pt)
32. Dans quelle phrase les participes passés sont-ils orthographiés correctement ? (0,75 pt)
33. Quel est le nom dérivé du verbe « exister » ? (0,5 pt)
34. Par quel procédé le mot « sérieusement » est-il formé ? (0,5 pt)
35. Quelle est la transcription phonétique correcte du mot « champion » ? (0,5 pt)
36. Quel est le découpage syllabique correct du mot « international » ? (0,5 pt)
37. Quelle est la transcription phonétique qui correspond au mot souligné dans la phrase suivante ? (0,5 pt)
« Elle avait trois enfants, un garçon et deux filles. »
38. Voici un texte à trous. Complétez-le avec les mots suivants, donnés en désordre : (2 pts)
au pied - timidement - pauvre - regards - se rétablit - épeler - mouvement - parvenu
Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu …………………… dans la classe, et le professeur, …………………… à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, …………………… et relire, commanda tout de suite au …………………… diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, …………………… de la chaire. Il se mit en ……………………, mais, avant de partir, hésita.
– Que cherchez-vous ? demanda le professeur.
– Ma casss, fit …………………… le nouveau, promenant autour de lui des …………………… inquiets.
39. Voici un conte, donné en désordre. Mettez-le en ordre en écrivant les numéros de (1 à 5) dans les cases qui conviennent. (2 pts)
40. Voici un passage descriptif. Complétez-le avec les adjectifs suivants, donnés en désordre : (2 pts)
imperceptibles - longs - arrondies - frangées - modelées - mystérieux - colorée - endormie
La tête semblait …………………… plutôt que morte ; les paupières, encore …………………… de leurs …………………… cils, faisaient briller entre leurs lignes d'antimoine des yeux d'émail lustrés des humides lueurs de la vie ; on eût dit qu'elles allaient secouer comme un rêve léger leur sommeil de trente siècles. Le nez, mince et fin, conservait ses pures arêtes ; aucune dépression ne déformait les joues, …………………… comme le flanc d'un vase ; la bouche, …………………… d'une faible rougeur, avait gardé ses plis ……………………, et sur les lèvres voluptueusement …………………… voltigeait un mélancolique et …………………… sourire plein de douceur, de tristesse et de charme.
Corrigé indicatif rédigé par SaadConcours, pas une correction officielle du ministère. Pour les questions 19 à 40, les réponses concordent avec les éléments de réponse diffusés après l'épreuve ; les questions 1 à 18 sont corrigées par SaadConcours. À vérifier, notamment les questions 4, 8, 9 et 18, où la formulation du sujet laisse place à la discussion.
Une seule réponse correcte par question, pas de point négatif : 1 point pour les questions 1 à 9, 0,5 point pour les questions 10 à 15, 19 à 31 et 33 à 37, 0,75 point pour les questions 16 à 18 et 32, 2 points pour les questions 38, 39 et 40 (0,25 point par mot bien placé aux questions 38 et 40). Total : 30 points.
Question 1 : c. narratif — Le texte raconte une suite d'actions au passé simple (« sortait », « aperçut », « s'approcha », « se tourna ») avec un narrateur et des personnages : c'est un récit, extrait d'un roman.
Question 2 : c. niveau soutenu — Vocabulaire recherché (« interdite », « rébarbatif », « précepteur », « ratine »), subjonctif et passé simple, phrases longues : la langue littéraire du XIXᵉ siècle.
Question 3 : b. La première rencontre — Mme de Rênal découvre le précepteur qu'elle attendait ; tout le passage est construit sur leur premier regard.
Question 4 : b. l'inquiétude et le soulagement — Julien arrive « extrêmement pâle » et « venait de pleurer » (inquiétude), puis la douceur de Mme de Rênal lui fait oublier « une partie de sa timidité » (soulagement). À vérifier : on peut aussi lire de la joie quand il s'entend appeler « monsieur », mais la joie n'est pas son sentiment de départ.
Question 5 : a. la sidération et la fascination — « Interdite » signifie frappée de stupeur, incapable de parler (sidération) ; « à se regarder », de près, dit la fascination réciproque. Le piège : « sudation » (transpiration), qui ressemble à « sidération ».
Question 6 : d. faveur — « Demander quelque grâce à M. le maire », c'est solliciter une faveur.
Question 7 : a. à éduquer les enfants de familles nobles — Le précepteur est chargé de l'éducation des enfants d'une famille aisée, à domicile ; ici, les enfants du maire.
Question 8 : b. la comparaison — Le précepteur imaginé est rapproché d'« un prêtre sale et mal vêtu » par l'outil « comme ». À vérifier : au sens strict, « se figurer quelqu'un comme… » exprime une représentation plus qu'une figure de style, mais c'est la seule proposition qui convient.
Question 9 : d. la surprise et l'émerveillement — « Elle fut étonnée » donne la surprise ; le paragraphe précédent dit son ravissement (« à sa grande joie », « un grand événement »). À vérifier : la phrase marque aussi la gêne de se trouver si près d'un jeune homme « presque en chemise », sentiment qu'aucune proposition ne nomme.
Question 10 : d. adverbe — « bientôt » est un adverbe de temps, invariable, qui modifie le verbe « se mit ».
Question 11 : b. proposition subordonnée relative — « qui donnait sur le jardin » est introduite par le pronom relatif « qui », dont l'antécédent est « salon ».
Question 12 : d. complément du nom « chagrin » — La relative « que lui donnait l'arrivée du précepteur » complète l'antécédent « chagrin ».
Question 13 : c. la conséquence — Système corrélatif « si… que » : Julien réfléchit parce que le mot l'a étonné ; la subordonnée exprime la conséquence de « si fort ».
Question 14 : a. Elle n'avait jamais pitié de cette pauvre créature. — La négation de « toujours » est « ne… jamais ». « Plus » nie « encore », « guère » signifie « peu ».
Question 15 : b. le discours indirect libre — Les pensées de Mme de Rênal sont rapportées sans verbe introducteur ni guillemets, avec l'exclamation et le « Quoi » du discours direct, mais à la troisième personne et à l'imparfait.
Question 16 : b. Mme de Rênal demanda à Julien ce qu'il voulait. — L'interrogation partielle « que… ? » devient « ce que » ; « vous » devient « il » ; le présent devient imparfait (concordance après un verbe au passé). « Qu'est-ce qu'il » est fautif au discours indirect.
Question 17 : b. Elle était complètement enchantée par cette rencontre. — Auxiliaire « être » + participe passé + complément d'agent introduit par « par ».
Question 18 : d. Il venait lui en demander. — « De l'aide » est un COD introduit par l'article partitif : il se remplace par « en » ; « à M. le maire » (COI) se remplace par « lui ». Les deux pronoms se placent devant l'infinitif dont ils dépendent, dans l'ordre « lui en ». Le piège : « la lui » (proposition a) remplacerait « l'aide », avec l'article défini, ce qui n'est pas la phrase du sujet ; « en lui » et « lui la » ne respectent pas l'ordre des pronoms.
Question 19 : b. dont — « La figure du jeune paysan était pâle » : le complément du nom introduit par « de » se remplace par « dont ».
Question 20 : c. Julien oublia une partie de sa timidité. — « Une partie de sa timidité » répond à « oublia quoi ? », sans préposition : c'est un COD. En a, « sur le jardin » est un complément circonstanciel ; en b, « interdite » est attribut du sujet ; en d, « de sa surprise » est un complément indirect.
Question 21 : c. au plus-que-parfait de l'indicatif — Auxiliaire « être » à l'imparfait (« s'étaient ») + participe passé : l'action est antérieure à « regardait ».
Question 22 : c. être — « Fut » est le passé simple de « être », 3ᵉ personne du singulier.
Question 23 : d. viendrait — Hypothèse au présent ou futur irréel : « si » + imparfait, puis conditionnel présent dans la principale.
Question 24 : b. Ces joueurs portent des maillots oranges. — « Orange » est un nom de fruit employé comme adjectif de couleur : il reste invariable (des maillots orange). « Bleu clair » (adjectif composé) et « marron » sont aussi invariables.
Question 25 : a. accepter — « Daigner », c'est accepter de faire quelque chose (souvent avec condescendance).
Question 26 : b. brillant — « Pâle » : sans éclat, sans couleur. Son contraire est « brillant » ; « blême » et « éteint » en sont des synonymes, « insipide » se dit d'un goût.
Question 27 : a. compassion — La pitié est la sympathie qu'on éprouve devant la souffrance d'autrui.
Question 28 : b. inclination — On salue d'une « inclination » de la tête (mouvement par lequel on la penche) ; l'« inclinaison » est l'état de ce qui est penché (l'inclinaison d'un toit).
Question 29 : b. Quels que — « Quel que » + verbe « être » sous-entendu : « quel » s'accorde avec le sujet « soucis », masculin pluriel. La phrase équivaut à « Quels que soient vos soucis ».
Question 30 : d. des gardes-champêtres — Quand « garde » désigne une personne, il prend la marque du pluriel : des gardes champêtres (gardes-champêtres dans l'orthographe du sujet). Il reste invariable quand il vient du verbe « garder » : des garde-feux, des garde-fous.
Question 31 : a. Dans notre école, il y a trois cent quatre-vingt élèves. — « Quatre-vingts » prend un « s » quand il est multiplié et termine le nombre : trois cent quatre-vingts élèves. Les trois autres phrases sont correctes.
Question 32 : c. Les deux personnages se sont regardés et se sont plu. — « Se regarder » : le pronom « se » est COD (regarder quelqu'un), donc accord avec le sujet. « Se plaire » : « se » est COI (plaire à quelqu'un), le participe « plu » reste invariable.
Question 33 : c. existence — Nom formé sur le verbe « exister ».
Question 34 : b. la suffixation — « Sérieuse » + suffixe adverbial « -ment ».
Question 35 : c. [ʃɑ̃pjɔ̃] — « Cham- » se prononce [ʃɑ̃], « -pion » [pjɔ̃] : le « i » devant voyelle devient la semi-voyelle [j].
Question 36 : a. in / ter / na / tio / nal — Cinq syllabes orales : une consonne entre deux voyelles ouvre la syllabe suivante.
Question 37 : c. [fij] — Dans « fille », « -ille » après une consonne se prononce [ij].
Question 38 — texte à trous (extrait de Madame Bovary, Flaubert) :
Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu se rétablit dans la classe, et le professeur, parvenu à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, épeler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, hésita.
– Que cherchez-vous ? demanda le professeur.
– Ma casss, fit timidement le nouveau, promenant autour de lui des regards inquiets.
Méthode : repérer d'abord la nature du mot attendu (un verbe après « l'ordre peu à peu », un participe après « le professeur », un infinitif entre « dicter » et « relire », un adjectif devant « diable »…).
Question 39 — ordre du conte : C (1) – A (2) – D (3) – B (4) – E (5).
C ouvre le conte (« Il était une fois ») ; A apporte l'élément perturbateur (« Un jour… trois d'entre elles tombèrent ») ; D et B racontent les efforts et les découragements ; E donne le dénouement et la chute (la grenouille était sourde).
Question 40 — passage descriptif (extrait du Roman de la momie, Théophile Gautier) :
La tête semblait endormie plutôt que morte ; les paupières, encore frangées de leurs longs cils, faisaient briller entre leurs lignes d'antimoine des yeux d'émail lustrés des humides lueurs de la vie ; […] aucune dépression ne déformait les joues, arrondies comme le flanc d'un vase ; la bouche, colorée d'une faible rougeur, avait gardé ses plis imperceptibles, et sur les lèvres voluptueusement modelées voltigeait un mélancolique et mystérieux sourire plein de douceur, de tristesse et de charme.
Méthode : l'accord fait la moitié du travail. « Endormie » et « colorée » s'accordent avec un nom féminin singulier (la tête, la bouche) ; « frangées », « arrondies », « modelées » avec un féminin pluriel ; « longs » se place devant « cils » ; « imperceptibles » et « mystérieux » restent pour « plis » et « sourire ».