Université Cadi Ayyad — Faculté des Sciences Juridiques Économiques et Sociales — Marrakech
Année universitaire 2019/20 — Marrakech, le 13/09/2019
Concours d'accès au Master « Entrepreneuriat, Innovation et Création des Start-up »
Durée du test : 2 Heures
Lisez attentivement tout le papier avant de répondre aux questions suivantes
NB. Vos réponses doivent être succinctes et non génériques, claires et définies dans le sens de la question.
Question n°1 : (6 points)
Définissez brièvement et succinctement les termes suivants :
Question n°2 : (14 points)
Les startups marocaines dans la « vallée de la mort »
Par Jean Modeste KOUAME | L'Economiste.com | Edition N°:5578 Le 26/08/2019
« … Les besoins de financement des jeunes pousses et des entreprises en phase de démarrage et de développement initial sont encore peu couverts. Le capital-investissement est relativement bien développé au Maroc, mais le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) sont rares », relève la filiale de la Banque mondiale.
Une évaluation du groupe de la Banque mondiale a conclu que le marché manque de financement à partir de l'étape pré-amorçage (20.000 dollars, environ 190.000 DH) jusqu'à l'étape précoce du CR (2 millions d'euros, environ 20 millions de DH). Les startups marocaines et les jeunes PME innovantes sont confrontées à la situation classique de la « vallée de la mort ».
Une phase critique qui correspond à la période qui s'écoule entre le moment où une startup reçoit une contribution initiale en capital et le moment où elle génère des revenus. Comme palliatif, la CCG soutient le capital-risque par l'intermédiaire des fonds InnovInvest qui fournissent des capitaux propres, des prêts à l'innovation et de l'aide aux startups.
Par ailleurs, le gouvernement travaille avec la communauté du développement et le secteur privé pour combler ces lacunes. Avec un financement de la Banque mondiale, le gouvernement marocain s'attelle à pallier les difficultés du marché, notamment l'offre de financement en fonds propres pour les jeunes PME innovantes et catalyser le capital-risque.
Le projet s'attaque aux faiblesses du savoir-faire en matière d'investissement des agences de l'écosystème qui soutiennent les entrepreneurs et favorisent la création d'entreprises financièrement viables. La mise en œuvre a été enclenchée en 2017, y compris des investissements dans trois fonds de capital-risque gérés par le secteur privé qui ont permis d'obtenir un peu plus de 30 millions de dollars d'investisseurs privés (environ 286,8 millions de DH).
Le financement collaboratif, ou crowdfunding, apparaît comme une forme alternative en faveur des startups et des PME, surtout celles qui en sont à leurs débuts. Avec l'adoption du nouveau projet de loi sur le crowdfunding, les plateformes de financement collaboratif pourront mobiliser jusqu'à 5 millions de DH par projet. En matière de contribution, une personne physique ne pourra dépasser 250.000 DH.
Pour stimuler un environnement plus dynamique, « il est essentiel de résoudre les retards de paiement, garantir des procédures rapides en matière de faillite, une exécution stricte des contrats et une justice civile efficace », préconisent les experts. La SFI préconise également de dispenser une formation en éducation financière aux nouveaux entrepreneurs. » (Fin extrait)
D'autres sollicitent une formation entrepreneuriale plus globale mais aussi ad hoc et spécifique aux spécificités des jeunes entrepreneurs et aux caractéristiques des meneurs des projets.
TAF : Il vous est demandé, à la lumière de ce qui précède et de vos connaissances, de discuter les composantes qui vous paraissent intéressantes pour la réussite du démarrage des jeunes entreprises notamment dans une économie en démarrage.
Corrigé avec calculs détaillés.
Question n°1 — Définitions (6 points, 1,5 point par terme)
1. Entrepreneuriat : processus par lequel un individu (l'entrepreneur), seul ou en équipe, identifie une opportunité d'affaires, mobilise et organise des ressources (financières, humaines, matérielles) pour créer, développer ou reprendre une activité économique génératrice de valeur, en acceptant une part de risque et d'incertitude.
2. Management stratégique : ensemble des décisions et actions de la direction générale qui déterminent la performance à long terme de l'entreprise : analyse de l'environnement (externe/interne), formulation d'une stratégie (choix des domaines d'activité, avantage concurrentiel visé), mise en œuvre et contrôle de cette stratégie afin d'assurer la pérennité et la compétitivité de l'organisation.
3. Open innovation (innovation ouverte) : modèle d'innovation dans lequel l'entreprise ne se limite pas à ses seules ressources internes de R&D, mais s'appuie aussi sur des sources externes de connaissances et d'idées (universités, startups, clients, concurrents, partenaires) et peut également valoriser à l'extérieur les innovations qu'elle ne exploite pas elle-même (concept développé par Henry Chesbrough).
4. Start-up : jeune entreprise récemment créée, généralement innovante et à fort potentiel de croissance, évoluant souvent dans un contexte de forte incertitude sur son modèle économique, et recherchant un modèle reproductible et scalable, fréquemment adossée aux nouvelles technologies et à des financements externes (business angels, capital-risque, crowdfunding).
Question n°2 — La « vallée de la mort » des startups marocaines (14 points)
Introduction : l'article de L'Economiste (2019) met en évidence un déficit structurel de financement des jeunes entreprises marocaines entre la phase d'amorçage et la phase de croissance confirmée — la « vallée de la mort » — période où la startup a épuisé son capital initial mais ne génère pas encore de revenus suffisants pour s'autofinancer. Réussir le démarrage d'une jeune entreprise, notamment dans une économie émergente comme le Maroc, suppose de combiner plusieurs composantes complémentaires.
I. Les composantes financières
II. Les composantes institutionnelles et réglementaires
III. Les composantes humaines et pédagogiques
IV. Les composantes stratégiques propres à la jeune entreprise
Conclusion : la réussite du démarrage des jeunes entreprises dans une économie émergente comme le Maroc repose sur une approche systémique combinant financement diversifié et adapté à chaque étape (amorçage, capital-risque, crowdfunding), environnement institutionnel favorable (délais de paiement, justice économique, accompagnement public), formation et éducation financière des porteurs de projet, et pilotage stratégique rigoureux de la jeune entreprise elle-même. C'est la combinaison de ces composantes qui permet de traverser la « vallée de la mort » et d'assurer la pérennité de l'écosystème entrepreneurial marocain.



Les épreuves portent sur : Entrepreneuriat et innovation, Management stratégique, Analyse de texte économique (revue de presse).
Oui, un corrigé indicatif est disponible sur cette page — vérifie les calculs avant de t'y fier pour réviser, la relecture humaine n'est pas garantie.
Oui, l'énoncé complet est consultable en ligne et téléchargeable en PDF gratuitement sur SaadConcours, sans inscription.
Ce sujet est classé avec une difficulté de 3/5 sur notre échelle, à titre indicatif.